« Pas de Médine au Bataclan », deuxième discours de Renaud Camus à Lunel

Mesdames, Messieurs, mes Chers Amis,
il n’est pas facile de parler en dernier, après tant d’orateurs brillants, après notre hôte le cher et infatigable Richard Roudier, si éloquent et véhément toujours, après mon autre collègue du CNRE le général Piquemal, après tous ceux qui ont pris ce matin et cette après-midi la parole et qui vous ont tous dit, plus et mieux que je saurais le faire, ce que je m’apprête à vous dire. Mais ce n’est pas forcément une mauvaise chose, ce rabâchage. C’est peut-être un peu ennuyeux pour les auditeurs d’une réunion comme celle-ci, mais c’est excellent pour l’objet qui nous réunit et qui s’appelle, n’ayons pas peur des mots, même si nous devons avoir peur pour eux, la France.

Si nous disons tous à peu près la même chose, c’est que nous pensons à peu près la même chose, tous, et regardons dans la même direction : Médine au Bataclan : ou plutôt : Pas de Médine au Bataclan. N’ayons pas peur de le dire, c’est le jour du destin. Je suis hanté par la parole si juste du général Piquemal, « si les Français acceptent cela, ils accepteront tout » Rien n’est plus vrai. Si les Français acceptent cela, si cette profanation a lieu après tant d’autres, après tant d’églises vandalisées et souillées, après les égorgements presque quotidiens qui ont émaillé l’été, après les humiliations incessantes de l’atroce vivre-ensemble, si Médine le rappeur islamiste ou rappiste islameur, je ne sais comment on dit, réussit à venir pousser son beuglement infantile et sadique dans le sang des massacrés, alors, si ce sacrilège profane peut être commis sous nos yeux, nous vivants, alors je ne dis pas que tout sera joué pour toujours et à jamais, ni que le combat ne pourra pas continuer, ou reprendre, resurgir, mais alors ce sera un combat entre les tombes, une bataille des catacombes, une révolte de revenants. Si les Français, les Gaulois, les Gaulois réfractaires récemment fustigés par le chef de l’État, acceptent de subir cette gifle, ce soufflet après tant d’autres, ce sont des hommes morts, un peuple de morts : et non seulement tués, effacés, piétinés, mais déshonorés.

Un soufflet au consul de France, de la part du dey d’Alger, a déclenché en 1830 la conquête et la colonisation de l’Algérie. Ne laissons pas un soufflet collectif, de la part de l’obscur Médine, consacrer la conquête et la colonisation de la France — car c’est bien de cela qu’il s’agit. Au contraire : faisons que la seule menace de cette gifle, qui est déjà une gifle, incite notre peuple à se révolter enfin, à entamer la reconquête, à inaugurer sa décolonisation, le combat pour la libération du territoire.

Et puisque nous en sommes aux références historiques, je ne suis pas sûr qu’Emmanuel Macron, en fustigeant au Danemark les Gaulois réfractaires, n’ait pas commis une grave erreur — de son point de vue, bien entendu. Les Gaulois étaient devenus un peu tabous, depuis la Seconde Occupation, sauf dans la bouche des occupants, qui nous nomment volontiers de la sorte. Il y a aussi que nous ne descendons pas tous des Gaulois, loin de là, et puis ils ont été vaincus, faute d’avoir su se fédérer à temps. Bref, ils étaient un peu sortis du tableau. Le chef de l’État les y fait rentrer : il pourrait bien s’en mordre les doigts — c’est bien sûr mon vœu le plus cher. Bien sûr il ne les évoque que pour les décrier, et à l’étranger, encore. Il leur reproche d’être réfractaires, et qui pis est réfractaires au changement. Il veut dire au changement de peuple, bien entendu, c’est-à-dire au Grand Remplacement. Qu’il prenne garde qu’ils ne s’en targuent, les Gaulois, d’être réfractaires à leur propre subrogation, à la submersion ethnique organisée, au génocide par substitution. On serait réfractaires à moins. Et l’étonnant est qu’ils ne le soient pas davantage, ni ne l’aient été plus tôt.

Réfractaires, réfractaires, la dernière fois que le terme a beaucoup servi c’était sous la précédente Occupation, la première, la courte, et les réfractaires étaient les jeunes Français qui refusaient le STO, le Service du Travail Obligatoire. Ils ont alimenté le maquis, et leur nombre a multiplié celui des résistants.

Ce sont décidément, pardonnez-moi — les Gaulois, le dey d’Alger et son soufflet, la Première Occupation —, bien des références historiques, mais la dernière, au moins, est inévitable. Il est de plus en plus évident que ce que l’on a nommé les Trente Glorieuses ce sont les trente années, 1945-1975, qui ont séparé la Première Occupation du début de la Seconde. Et la comparaison de l’une avec l’autre, qui bien sûr n’a rien d’une assimilation, tant les différences sont sensibles, est d’autant plus fatale, néanmoins, qu’elle exaspère beaucoup de gens, à commencer par nos ennemis, les collaborateurs d’aujourd’hui, ce qui est plutôt un mérite.

Eux-mêmes ne s’en sont d’ailleurs pas privés, en leur temps. On connaît la place des notoires heures les plus sombres dans leurs pauvres éléments de langage. Et ils se risquent encore au rapprochement, quelquefois, au prix d’un exercice de voltige de plus en plus difficile à effectuer, un double retournement en x, ce que le répertoire des figures de style appelle un chiasme. Les collaborateurs du temps présent se fantasment comiquement en résistants d’hier, ou en leurs dignes héritiers. Et les résistants d’aujourd’hui, les récalcitrants, ceux qui refusent de toute leur âme la Deuxième Occupation, la longue, l’interminable, la présente — celle des égorgements, pas celle des exécutions d’otages, bien qu’elle ait aussi ses exécutions d’otages, Dieu sait, et le Bataclan en est une —, les résistants d’aujourd’hui nos collaborateurs contemporains les fantasment absurdement en héritiers et continuateurs des collaborateurs d’hier, c’est-à-dire de leurs propres modèles, de leurs préfigurations historiques.

Ce chiasme fameux, ce double retournement en x, mécanique, institué et conventionnel, est l’une des figures essentielles, même, de ce que j’ai nommé d’autre part le faussel, le réel inversé, le réel faux, qui est l’air que nous respirons, le monde où nous évoluons, celui où il n’y a pas de culture française, où il n’y a pas de vrais Danois, pas de vrais Allemands, pas de vrais Français, pas de races, naturellement, plus rien de vrai, pas de vérité, et où les remplaçants convoqués en flots incessants par les industries de la Matière Humaine Indifférenciée sont invariablement, en dépit de toute évidence, des “réfugiés”.

Le faussel est de plus en plus simple, avec le temps. Pour lui rien de ce qui existe n’existe : les races, les peuples, les cultures, la culture, les civilisations ; et tout ce qui n’existe pas, ou existe à peine, les réfugiés, le baccalauréat, les terribles Hauts-Savoisiens qui agressent les femmes à Genève, la liberté d’expression, la justice de mon pays, tout cela, toutes ces illusions, tous ces mots pour ne rien dire, ou pour tromper, tout cela existe intensément au contraire.

Mais le faussel se craquèle de toute part, les gens commencent à avoir des doutes. Quant au fameux chiasme que j’évoquais il n’y a plus que les remplaçants ou les remplacistes les plus bêtes et les plus imprudents qui osent s’y risquer encore, tant il est évident devant l’histoire que les occupations étrangères se ressemblent toutes, hélas, que toutes les résistances n’en font qu’une, de Vercingétorix à Jeanne d’Arc, de Jean Moulin aux réfractaires d’aujourd’hui ; et que toutes les collaborations se donnent la main, sans qu’il soit besoin du moindre retournement, fût-il en x. Ajoutons que tous les totalitarismes aussi se donnent la main, et que le remplacisme global, celui qui promeut inlassablement l’homme remplaçable, délocalisable, échangeable à merci, à la fois producteur, consommateur et produit, surtout produit — la Matière Humaine Indifférenciée, en somme, l’homme en bidon, l’homme du bidonville global et de la réalité bidon, le faussel, ce monde de l’imitation, de la substitution, du remplacement et du faux —, ce totalitarisme-là n’en est pas à ses premières armes.

Certes il a fait de considérables progrès de relations publiques, il ne bouge plus le petit doigt sans les avis d’une armée de conseillers en manipulation des esprits, il a compris que pour arriver à ses fins il fallait agir au nom du bien, officiellement, pas au nom du mal, qu’il fallait avoir avec soi les vertueux, et que pour en finir avec un peuple, avec une race, il n’était même plus nécessaire de tuer, il suffisait de remplacer. Néanmoins nous connaissons son visage, malgré les masques patenôtres. C’est celui de la Révolution industrielle à son stade avancé, de la Technique devenue folle, et toute-puissante, de la normalisation, de la standardisation, de la taylorisation, de l’économisme, de la scientifisation économiste du monde, de l’industrialisation des paysages et du vivant, et même celle de la mise à mort, dans les cas extrêmes.

Je me souviens d’une période lointaine où le terme de collaboration me semblait trop fort et trop agressif, pour être appliqué à nos amis du désastre. Ils ne savaient pas ce qu’ils faisaient, pensais-je. Et puis les deux Occupations, la courte et la longue, l’ancienne et la présente, étaient trop dissemblables, jugeais-je. Plus tard j’ai pensé qu’il y avait bien des différences entre elles, certes, même indépendamment de leur durée très inégale ; mais que les deux Collaborations, elles, au moins se ressemblaient comme deux gouttes d’eau. À présent je m’interroge de nouveau sur la pertinence de ce terme, collaboration : mais c’est dans un tout autre sens. Ce n’est pas que je le trouve trop fort, comme jadis. C’est que maintenant il me semble trop faible, au contraire, beaucoup trop faible. Collaboration est un mot qui vaut pour les lâches, les tergiversateurs, les prudents, les intéressés, les conformistes, les vendus. Il ne saurait s’appliquer à notre gouvernement, même s’il n’est pas exclu qu’il soit acheté, d’une manière ou d’une autre, par les grands intérêts qu’il sert si bien, et qui l’ont mis en place. Notre gouvernement ne collabore pas, il est. Il n’est pas complice, il est le coupable. Il ne s’accommode pas comme il peut d’une occupation étrangère, avec un mélange de lâcheté et de rouerie naïve, désespérée : il l’encourage, il la suscite, il la prépare, il l’organise, il la répartit. Vichy, qu’on sache, n’écrivait pas à Berlin pour réclamer plus de troupes d’occupation.

Les Français seraient bien naïfs s’ils imaginaient que leur gouvernement les protège contre l’invasion. Comment pourrait-il résister à l’invasion, puisque c’est lui qui la provoque et l’entretient ? Oh, pas lui tout seul, pas lui en tant que gouvernement français : lui en tant que représentant local de la davocratie directe, la gestion du parc humain par Davos et par la finance, par l’hyperclasse et les banques, les multinationales, les gafas, le remplacisme global. Nous sommes gouvernés ou plutôt administrés, gérés, managés, par un président qui nous déteste, qui est bien décidé en conséquence à finir de changer de peuple, et qui ne prétend à rien de moins qu’à prendre la tête, en Europe, du parti des grands remplacistes. Nous sommes jugés par des juges tout à fait résolus à châtier sévèrement et à faire taire quiconque prétendrait s’opposer à ce plan. Et nous sommes informés par des médias dont l’activité exclusive est de célébrer du matin au soir, sous des appellations de fantaisie — vivre-ensemble, ouverture à l’autre, valeurs —, le génocide par substitution.

Dans l’affaire qui nous occupe tout spécialement ces temps-ci, Médine au Bataclan, Pas de Médine au Bataclan, on peut observer à l’œil nu, une fois de plus, la réalité de la situation aujourd’hui. Médine au Bataclan, c’est un point d’observation admirable, pour qui veut voir — ce qui n’est certes pas le cas général. Médine au Bataclan, la seule association de ces deux mots, pour qui regarde Médine, pour qui l’écoute, pour qui s’est inquiété de ses amitiés, de ses sympathies, de ses fréquentations, pour qui se souvient du Bataclan, du 13 novembre 2015, du massacre, de l’horreur, du sang, du chagrin, de la douleur, Médine au Bataclan c’est à soulever le cœur de n’importe quel Français heureux de l’être. C’est à peu près comme si Dieudonné était annoncé pour un sketch à Treblinka, Faurisson pour une conférence à Auschwitz, Black M. pour présider aux commémorations de Verdun. Remarquons à ce propos que le 19 et le 20 octobre, les dates prévues pour le “concert”, c’est à trois semaines exactement du 11 novembre de tous les 11 novembre, le 11 novembre du centenaire, du centenaire de ce que plus personne n’ose plus appeler la Victoire. Ah, ils seraient contents, les Poilus, ils seraient fiers de leur postérité, s’ils voyaient aujourd’hui, occupée, humiliée, souillée, colonisée, trahie, livrée par ses prétendues élites, les gestionnaires du désastre, la France qui leur a coûté tant de souffrances et de sacrifices ! C’était bien la peine de la protéger des Allemands pour l’offrir sur un plateau aux… ah zut, je ne trouve pas la rime !

Eh bien, Médine au Bataclan, cette profanation suprême, ce sacrilège laïque, le gouvernement ne s’en émeut pas le moins du monde. Il reste sourd aux demandes d’interdiction. Il ne comprend même pas ce qu’on peut bien vouloir dire. Il n’est pas du côté de la France, mauvaise élève à ses yeux du remplacisme global ; et d’ailleurs les Français n’existent pas dans son système, pas plus que les vrais Danois ou la culture française. Médine, vieille connaissance havraise du Premier Ministre, Benalla, intime racaille du chef de l’État, Black M., enfant chéri du ministère de la Déculturation, le groupe invité de la fête de la Musique à l’Élysée, tout cela c’est sa vraie culture, au gouvernement, au régime ; c’est leur milieu, c’est l’air qu’ils respirent, c’est la France qu’on retrouve à la sortie quand on introduit pêle-mêle la terre entière, l’islam, l’hébétude, la Grande Déculturation, l’imbécilisation de masse et les millions de prétendus réfugiés de la légende remplaciste dans le MACRON, cette Pierre Noire, l’énorme ordinateur à Grand Remplacement, placé en France pour finir d’y changer le peuple par la davocratie directe, la gestion sans intermédiaire du parc humain par Davos, le FMI, les banques et les industries de la MHI.

Médine au Bataclan c’est l’heure du destin. Tout est clair comme de l’eau de roche. Cette fois les tergiversateurs ne peuvent plus tergiverser, les palinodeurs ne peuvent plus palinoder, les éternels intellectuels empêchés ne peuvent pas se tenir plus longtemps au bord du précipice, à jouer les équilibristes entre le mensonge et la vérité, entre le faussel et le réel, entre les habits d’or de l’empereur et son évidente nudité, entre leur rond de serviette à la grande table des autorisés de parole et l’enfer des bibliothèques, entre Radio Paris et Radio Londres, entre la poursuite du génocide par substitution et le grand refus, la révolte ouverte. Ils ne vont plus pouvoir se mentir à eux-mêmes. Ils vont être obligés de faire un choix, ils vont devoir être avec nous ou contre nous. Et nous, nous, ce n’est pas l’épouvantail qu’ils agitent depuis des lustres pour se faire peur et pour se trouver une excuse à ne pas nous rejoindre, avec tout ce que cela implique de sacrifices de leur part. Nous ce n’est pas l’extrême droite comme ils aiment à dire, nous ce n’est pas l’antisémitisme, nous c’est encore bien moins le nazisme ou Vichy comme le prétend ignominieusement dans son charabia gâteux la lie de l’hypercollaboration, la fange stipendiée du remplacisme global. Nous ce sont les Français qui n’en peuvent plus d’humiliations et de honte, nous ce sont les Français qui sont résolus à ne pas supporter un jour de plus de voir leur pays livré par des traîtres et détruit par des sauvages, nous ce sont les Gaulois, oui, les Gaulois et assimilés, les Gaulois réfractaires, ah ça oui, tout à fait réfractaires, et surtout au changement de peuple, puisque l’ordinateur MACRON, dans un de ces étranges soubresauts dont il est de plus en plus coutumier, leur a, par inadvertance, libéré la parole.

Les Gaulois de la onzième heure seront accueillis à bras ouverts. On ne dira pas un mot de leurs palinodies. On étendra un voile pudique sur leurs tergiversations. On fera comme s’ils avaient toujours été là, et ne nous avaient jamais traînés dans la boue. Mais qu’ils viennent, cette fois, qu’ils viennent en masse, qu’ils viennent de partout en France et d’ailleurs. Qu’ils ne se cherchent pas d’excuses, qu’ils triomphent de leurs empêchements, qu’ils n’aillent pas dire « je viendrai si je suis sûr qu’il y a du monde ». Ne dites pas si je peux, peuxez. Tous ceux qui ne seront pas le 19 octobre devant le Bataclan auront la France et son histoire sur la conscience. Ceux qui y seront peuvent encore la sauver et, qui sait, l’Europe avec elle.