Je voulais en guise de conclusion dire quelques mots. D’abord, la joie qui est la mienne de vous voir ici rassemblés. Vous êtes nombreux, malgré le froid, malgré les grèves du RER, et vous dire combien votre présence nous fait du bien.

Nous fait du bien parce que nous avons un combat collectif à mener, qui est celui de défendre les fondements de notre civilisation. Je crois que lorsque l’on entend à la radio ou à la télévision ces décisions du Conseil d’État qui tendent à faire disparaître nos symboles chrétiens — c’est la croix de Ploërmel, ou c’est la crèche à Béziers — nous le l’acceptons pas.

Lorsque nous voyons effondrées nos églises, nos cathédrales, nos chapelles, délaissées, s’abîmer, être fermées, certaines d’entre elles désacralisées, vendues voire même démolies, nous ne l’acceptons pas.

Lorsque nous constatons que de grandes enseignes nationales ou internationales se mettent à bannir des emballages de leurs produits les marqueurs ou les symboles chrétiens, nous ne l’acceptons pas.

Lorsque voici quelques semaines, chacun là l’a en mémoire, un certain comité laïcité a décerné le Prix Laïcité 2017 à l’égérie des Femen, ce groupe féministe, ces agents de la décadence, qui n’ont pas hésité à investir Notre-Dame de Paris pour la profaner, je dis : ça suffit !

Donc, nous sommes là, mes chers amis, pour dénoncer ces atteintes à notre modèle de société. Non pas pour vouloir instaurer un quelconque régime clérical, un quelconque régime confessionnel, un quelconque État théocratique, simplement pour réhabiliter une évidence, celle-ci : la France a un héritage, et dans cet héritage, il y a une composante majeure, une composante insigne, une composante considérable. C’est la composante chrétienne.

Dire cela, ce n’est pas méconnaître les autres racines de la France : les racines gréco-latines, les racines nées du siècle des Lumières, cela je ne le méconnais pas. J’affirme simplement qu’il existe dans notre pays, comme dans beaucoup de pays européens, une prééminence du fait culturel chrétien. Et cette prééminence du fait culturel chrétien, elle est évidente à mes yeux parce que le christianisme, en France comme en Europe, bénéficie d’un privilège de civilisation, d’un privilège lié au poids de l’Histoire. Et ne pas admettre cette évidence, c’est renier, en quelque sorte, les racines historiques de notre pays.

Et je crois qu’il faut le dire. Il faut le réaffirmer, car je crois absolument nécessaire au-delà de ce type de rassemblement qui nous amène au fond à nous ressaisir de la réalité de notre être, de l’être historique français, ça permet effectivement de faire bouger les lignes dans l’espace public et auprès de l’opinion publique, et ça doit nous amener au fond à nous livrer à un vaste débat national que j’appelle de mes vœux, un débat national que nous aurions dû avoir à l’occasion de l’élection présidentielle, un débat qui a été parfaitement escamoté, et ce débat, il était tout simplement au fond de donner rendez-vous aux Français avec eux-mêmes. Il est absolument nécessaire de définir les contours de « l’être français, » ce que nous sommes aujourd’hui, en 2017. La France de 2017 n’est pas la France du XIXe siècle, ou du XVIIIe siècle, mais il existe dans notre France comme durant les siècles passés, des permanences et des invariants culturels, dont notamment les fondements chrétiens de notre civilisation. Je crois qu’il faut le dire et nous interroger pour que très vite, à l’Assemblée nationale — cela a été dit tout à l’heure par Charles Beigbeder — on puisse inclure dans le préambule de la Constitution de 1958 la mention des racines chrétiennes de la France, et aussi modifier quelque peu la Loi de 1905 afin que les dérèglements jurisprudentiels auxquels nous assistons depuis quelques années, dont le Conseil d’État est l’un des maîtres d’œuvre, puisse demain disparaître une bonne fois pour toutes. Il nous faut contextualiser le principe de laïcité dans son écosystème historique, dans son écosystème politique. Je crois donc important que ce type de rassemblement, ce type de débat puisse s’organiser.

D’un mot, il est absolument nécessaire de nous livrer à ce débat et d’aller jusqu’au bout de celui-ci sans quoi nous ne parviendrons pas à réenchanter notre modèle de société qui m’apparaît pour ma part tout à fait désincarné, tout à fait aseptisé. Et c’est parce que nous réussirons demain à renouer avec les racines chrétiennes de notre pays que nous rendrons notre pays fécond et attractif, attractif et fécond au profit des Français de souche mais aussi à ceux qui sont Français depuis peu de temps et même aux étrangers qui vivent paisiblement et légalement dans notre pays. Je crois donc absolument nécessaire d’engager ce débat, ce rapport de force métapolitique et je suis très content de le faire à vos côtés, à cette tribune.

Mes chers amis, je vous donne rendez-vous dans les jours, dans les semaines, dans les mois à venir autour du SIEL mais aussi d’autres formations politiques, d’autres mouvements d’idées qui ont au cœur la défense de notre héritage chrétien : la France, c’est le christianisme, c’est aussi une terre, c’est aussi des morts, c’est nos églises, c’est nos chapelles, c’est notre langue, c’est notre art de vivre, c’est tout cela qu’il nous faut absolument réhabiliter, faute de quoi d’autres contre-modèles — ça a été dit tout à l’heure — notamment le totalitarisme islamique risquent de profiter de ce vide moral, spirituel et culturel pour s’enraciner davantage ici dans notre beau pays, la France.

Mesdames et messieurs, je vous remercie pour votre présence et je vous dis bon Noël dans les quelques jours à venir. Nous avons orné cette tribune d’un sapin et d’une crèche de Noël en guise de symbole pour réagir contre cette jurisprudence du Conseil d’État que nous blâmons tous. Je vous souhaite donc de bonnes fêtes de Noël.