Mes chers compatriotes, je suis ici, à Colombey-les-Deux-Églises, le 9 novembre 2017, car je pense que je ne pouvais pas être ailleurs qu’à Colombey-les-Deux-Églises pour vous dire quelques mots de l’état de notre beau et grand pays.

Les périls qui guettent la France, qui menacent notre peuple, et en quoi je pense tout à fait important de vous dire ces quelques mots ici, à Colombey-les-Deux-Églises, dans cette terre symbolique, et commencer mon propos par vous dire que nous sommes en proie, collectivement, à une crise d’identité, une crise existentielle inédite — jamais, je crois, la France n’a été en proie à une crise de cette intensité.

Et si je dois décrire les éléments de cette crise, je commencerais d’abord par faire part de cette construction européenne qui depuis bien des années préoccupe nos compatriotes. C’est vrai que cette construction européenne, nous la dénonçons depuis bien des années, non pas parce que nous sommes contre la construction européenne, contre l’Europe, bien au contraire. Nous sommes pour l’Europe, pour la construction d’une véritable Europe, mais pas cette Europe qui se construit au dépens des états, au dépens des identités, et au dépens des peuples. Cette logique supranationale est totalement suicidaire. C’est pour cela qu’il faut rompre avec cette Europe-là, et construire, au lieu et place de cette logique supranationale, une autre Europe, une Europe confédérale, celle qui respecte les identités et les peuples. Une Europe à la carte, en quelque sorte. Celle qui a permis notamment à Airbus de prospérer, au TGV de se faire, au programme Concorde de s’épanouir dans les années 70-80, et tant d’autres belles opérations qui ont permis à cette Europe de se bâtir concrètement.

C’est important qu’on puisse réussir l’aventure européenne parce que je sens depuis un certain nombre d’années un désamour entre les peuples et l’Europe, entre le peuple français et la belle idée européenne, donc il nous appartient à nous autres personnalités politiques ou concitoyens d’œuvrer à la réussite de cette Europe. Il le faut aussi parce que j’ai le sentiment que les Français éprouvent une perte de légitimité à l’égard de leur personnel politique, parce qu’ils ont le sentiment aujourd’hui qu’en élisant un député, un conseiller régional ou un conseiller départemental, au fond, on envoie dans telle ou telle enceinte démocratique des personnalités qui sont au service d’un projet qui n’est plus un projet français, qui est un projet technocratique préparé dans les couloirs de Bruxelles. Cette nécessité de relégitimer nos élus au travers de cette nouvelle Europe me paraît être aussi une ligne de front importante.

Autre élément de cette crise d’identité, nous avons, je crois, un modèle de société qui est épuisé. Nous avons un modèle de société aseptisé, un modèle de société totalement dévitalisé. Car aujourd’hui, le modèle de société qui est proposé aux Français est tout sauf attractif. On confond bien souvent le modèle de société français — la France — avec le modèle de la république. On nous dit, « la république, c’est la France. » C’est un régime institutionnel, mais la France ne se résume pas au régime institutionnel qu’est la république.

Pour moi, la France, c’est bien autre chose. C’est un rapport charnel avec notre pays. C’est une terre — nous sommes ici en Haute-Marne, dans cette belle terre de l’Est de la France que j’aime intensément. Ce sont des morts qui nous ont précédé, des générations qui ont œuvré pour notre pays, c’est une histoire, ce sont des monuments, des églises, des cathédrales. Ce sont des chemins de croix ; ces croix qu’on accable trop souvent ces temps-ci, nous le savons, en Bretagne ou ailleurs. C’est un imaginaire, c’est une langue, c’est tout ça la France.

Je crois que nous avons perdu cette essence-là, ce qui constitue au fond « l’être français, » cette personnalité que j’aime temps, cette France que nous désirons. Je crois qu’il nous faut donc réenchanter ce modèle de société qui a aujourd’hui disparu.

Je crois que pour réenchanter ce modèle de société, il n’y a pas trente-six manières. Il faut que les Français prennent rendez-vous avec eux-mêmes. Il faut nous livrer à un vaste débat national, une vaste opération d’introspection collective. Les théologiens pourraient dire un travail d’anamnèse, c’est-à-dire un travail qui consiste à essayer de se ressourcer, de déterminer quels sont les contours de « l’être français. » C’est un travail qui aurait dû être fait à l’occasion des campagnes électorales récentes, et notamment la campagne de la présidentielle qui aurait dû permettre à tous les candidats qui se sont présentés de délivrer un message au Français : Qu’est-ce que nous voulons pour notre beau pays ? Quelle France voulons-nous léguer à nos enfants, nos petits-enfants ? Ce travail, ce vaste chantier n’a pas été mené. Je pense qu’il est toujours possible de prendre à bras-le-corps ce chantier qui consiste à s’interroger sur ce que nous sommes, et au fond définir ce qu’est « l’être français. »

Pour moi, « l’être français » a une composante majeure qui est l’héritage chrétien. Notre modèle de civilisation ne se réduit pas au christianisme, c’est évident, nous avons d’autres racines : des racines gréco-latines, juives, protestantes. Nous avons aussi l’héritage né du siècle des Lumières. Tout cela fait partie des composantes de notre civilisation. Mais je crois que la composante majeure, c’est évidemment la composante chrétienne, et notamment catholique. Je crois qu’il faut accepter cet héritage-là. Il faut que dans ce travail d’introspection collective nous puissions enfin nous réunir autour de cet héritage et comprendre que cela fait partie de notre identité collective. Car si nous ne le faisons pas, au fond, nous allons laisser prospérer ce vide moral, spirituel et culturel qui accable nos compatriotes, vide sur le quel prospèrent d’autres modèles de société, d’autres contre-sociétés, je parle notamment de l’islam. Qui n’est pas seulement qu’une religion, qui est aussi une civilisation, qui est aussi un modèle de société qui s’enracine dans notre pays précisément parce que nous n’offrons plus à nos compatriotes le modèle de société qui est le nôtre depuis des siècles. Donc, je crois que le combat contre l’islam, contre l’expansion anxiogène de l’islam, qui encore une fois, propose des modes de vie, des coutumes, des pratiques qui sont radicalement étrangers aux coutumes, aux modes de vies qui sont les nôtres dans notre civilisation européenne, cet islam-là sera combattu si nous parvenons à nous réapproprier notre identité collective que nous avons trop souvent oublié.

Tout cela ne sera possible, au fond, que si nous arrêtons, dans le même temps, d’un même élan, cette immigration qui accable non seulement la France, mais le continent européen. Ce chaos migratoire que nous subissons maintenant depuis quelques décennies entraîne des conséquences pour la France et pour l’Europe. Une des conséquences importantes est la substitution de population qui s’opère, avec ces quantités considérables en proportion de migrants qui viennent en France et en Europe, nous aboutissons nous aboutissons à un changement de peuple progressivement qui se voit pour qui veut bien regarder la réalité des choses en cheminant sur la voie publique. C’est une réalité tout à fait évidente qui n’a nul besoin d’être démontrée par les statistiques ou d’autres sciences humaines. C’est une réalité que nous ne cessons de dénoncer, et c’est ce péril-là qu’il nous faut évidemment arrêter. Mais nous ne pourrons l’arrêter que si nous stoppons une bonne fois pour toutes cette immigration massive qui accable le continent européen et la France en particulier. Si nous ne le faisons pas, nous risquons d’aboutir à un déséquilibre de nos grands équilibres socio-culturels.

Bref, en un mot comme en cent, nous sommes face à un défi considérable qui est le péril identitaire et nous devons donc stopper cette substitution de peuple qui s’opère en France et en Europe, ce bouleversement des grands équilibres ethnico-culturels qui est à l’œuvre de manière souterraine depuis bien des années. Et pour cela j’ai souhaité aujourd’hui, en compagnie de Renaud Camus, venir honorer la mémoire du Général de Gaulle. Il me paraissait important symboliquement de réactualiser du combat du Général de Gaulle en 2017, le combat du Général de Gaulle de 1940, le combat du Général de Gaulle de 1958, de 1962 étaient des combats considérables pour la France. Ils ont été menés avec beaucoup de force par le fondateur de la Ve République.

Mais aujourd’hui, nous devons réactualiser son message, sa combativité. Il nous semblait important pour le SIEL et accompagné de Renaud Camus que nous puissions interpeller nos compatriotes et au-delà des Français, les Européens pour dire : c’est ici que nous souhaitons porter haut et fort le flambeau du combat, cette renaissance française et européenne que nous appelons de nos vœux. Et c’est pourquoi nous avons fait le choix avec Renaud Camus de constituer ce Conseil National de la Résistance Européenne pour pouvoir précisément montrer le cap que nous offrons aux Français et aux Européens.