La Ligne claire, c’est le nom que j’ai proposé pour une liste aux Élections européennes de mai prochain — une liste que nous mènerions, Karim Ouchikh, président du Siel, et moi, président du Conseil National de la Résistance Européenne. La différence entre nous n’est pas grande, Karim Ouchikh est vice-président du Conseil National de la Résistance Européenne et je suis membre du Siel. Cette différence existe toutefois : Karim Ouchikh figurera sur cette liste en tant que président du Siel et moi en tant que … moi, ou bien en tant que président du minuscule parti de l’In-nocence. Le Siel et l’Innocence ont toujours fait état de leur vocation politique, électorale, ou du moins ils ne l’ont jamais reniée, écartée ; tandis que le Conseil National de la Résistance Européenne — je l’ai déclaré moi-même dans mon discours de fondation à Colombey-les-Deux-Églises l’année dernière —, se situe dans l’histoire, dans l’ontologie, dans l’être des nations et tout spécialement de la nôtre, dans la question de sa survie, de la survie de notre peuple et de sa civilisation.

Je pourrais commencer ce discours de façon plus nette, plus claire, c’est le cas de le dire, un peu plus triviale aussi. Karim Ouchikh et moi sommes respectivement vice-président et président du Conseil National de la Résistance Européenne, nous souhaitons mener une liste aux Élections européennes, mais cette liste n’est pas l’émanation du CNRE. Et pourquoi ne l’est-elle pas ? Soyons clair, c’est l’occasion ou jamais : parce que le CNRE, à la majorité de ses membres, a refusé qu’elle le soit. Et pourquoi le CNRE a-t-il refusé qu’elle le soit ? Pour des raisons parfaitement honorables, logiques, fondamentales, et qui peut-être, même, sont plus conformes et plus fidèles à ma pensée que je ne le suis moi-même — mais je reviendrai là-dessus.

Pourquoi ne faudrait-il pas, pourquoi faudrait-il ne pas, quand nous pensons comme nous pensons ici, vous et moi, présenter de liste aux élections européennes ? Eh bien, pour commencer, parce que nous n’avons pas d’argent, et il en faut beaucoup, il en faut énormément, pour présenter une liste. Plus grave encore, nous n’avons aucun accès aux médias, ce qui fausse d’emblée, et considérablement, la partie. Mais il faut bien voir que la partie est faussée de naissance. La partie est faite pour être faussée, elle n’est partie que dans la mesure où elle est faussée. La partie est entièrement entre les mains de notre adversaire, le pouvoir remplaciste, celui qui veut et qui promeut le remplacement ethnique, le changement de peuple et de civilisation, le Grand Remplacement. La partie est tout entière soumise à la davocratie, la gestion du parc humain par Davos, cette station suisse où se réunissent tous les ans les grands argentiers, les grands financiers, les présidents des multinationales, les propriétaires et gestionnaires des médias, des gafas, bref toutes les forces qui œuvrent inlassablement, à travers l’ONU, à travers l’Union européenne dans sa forme actuelle, à travers le pacte de Marrakech, à travers des hommes et des femmes à elles comme Jean-Claude Juncker, Angela Merkel, Georges Soros, Emmanuel Macron, au raz-de-marée migratoire, à la submersion démographique, au génocide par substitution, à l’homme global du globalisme, désoriginé, présentifié, échangeable et délocalisable à merci, réduit à un présent perpétuel hébété, dans une banlieue générale en ruine, hyperviolente.

Contre ces forces-là il est peu de dire que nous partons battus : il se pourrait très bien que nous ne partions pas du tout. Non seulement elles ont fixé toutes les règles du jeu mais elles en contrôlent rigoureusement le déroulement, elles disposent de tous les moyens de nous faire taire et elles peuvent très bien n’avoir même pas besoin de s’en servir puisque nous n’avons pratiquement aucune occasion et aucun moyen de nous exprimer, de nous exprimer devant le peuple, veux-je dire, devant les électeurs, qui ont toute chance de n’avoir même pas connaissance de notre existence, de notre constat, du projet et des idées que nous proposons.

J’ai appelé Faussel le monde faux dans lequel nous vivons, la réalité inversée dans laquelle nous sommes contraints d’évoluer, ce réel faux où le mensonge est la règle, à commencer par le mensonge par omission. Le faussel, le règne du faux, est ordonnancé tout entier autour d’une omission centrale, d’un non-dit majeur, d’une réalité qui est par excellence celle qui ne doit sous aucun prétexte être exprimée ; et cette réalité, c’est précisément celle que nous exposons et que nous nommons infatigablement, contre vents et marée, raison pour laquelle il est capital pour la davocratie remplaciste que nous n’existions pas, que même lorsque nous hurlons aucun son ne se fasse entendre. Cette réalité effacée, écrasée, réduite au silence, c’est à savoir encore et toujours le Grand Remplacement, la subrogation ethnique, la très rapide substitution, à notre peuple et à ceux qui s’assimilent à lui, d’un ou plusieurs autres peuples, modérément amènes et pas spécialement faciles à vivre.

Le vieux négationnisme, celui qui niait la réalité des chambres à gaz ou de l’holocauste lui-même, ce vieux négationnisme n’est pas tout à fait mort il y a quelques semaines avec son plus notoire représentant, hélas : il s’est même trouvé récemment et acquis, au sein même du tsunami migratoire, de nouveaux et très enthousiastes tenants. Mais le négationnisme le plus actif aujourd’hui, le plus répandu et de très loin le plus puissant, le plus agissant, c’est celui qui consiste à nier, à coups de chiffres menteurs, à coups de chiffres exacts dont la somme est menteuse, le Grand Remplacement : non pas a posteriori comme pour l’autre négationnisme, ce sera impossible et sans objet, car lorsque le Grand Remplacement sera achevé il n’y aura plus de raison de le nier ; mais alors même qu’il se déroule sous nos yeux, en pleine lumière et en toute évidence.

Comme ce phénomène, le changement de peuple, la substitution ethnique, est de très loin le plus considérable de toute notre histoire, puisqu’avec un autre peuple notre histoire ne sera plus la nôtre, et qu’il est aussi le plus aveuglant puisqu’il crève les yeux comme il crève le cœur, le nier, nier le Grand Remplacement, c’est vraiment nier la réalité, l’abolir, l’interdire, la renverser, la remplacer par une autre, une réalité de substitution, le faussel, donc, une réalité fausse qui est à peu près ce qui est généralement désigné sous l’appellation à la fois sinistre et ridicule, désormais, sinistre et ridicule de par sa dérision sanglante : le vivre ensemble.

Entre vivre ensemble, comme j’aime à le dire, il faut choisir. Si nous voulons vivre ce ne pourra pas être ensemble ; et si nous voulons être ensemble, les conquérants et nous, les occupants et nous, les peuples de substitution et nous, ce ne sera pas vivre, comme le rappellent non seulement les massacres annuels, ou bi-annuels, mais aussi la nocence généralisée, la délinquance petite ou grande, les fameuses incivilités, les importunités incessantes, la décivilisation, la tiers-mondisation de l’espace, l’art de rendre la vie impossible ou odieuse, ne serait-ce qu’à force d’humiliations et de défis continuels, tels les incendies de voitures désormais rituels de la Saint-Sylvestre. Au moins il ne viendrait à l’esprit de personne, cette fois-ci, de dire de l’occupant qu’il est correct, comme la dernière fois, au moins au début. Le vivre ensemble est un cauchemar : mais ceux qui contrôlent les esprits, par les médias, par l’imbécilisation de masse, par l’école, s’attachent, avec un succès mitigé, il est vrai, à le faire passer pour un rêve, un idéal, un objectif à atteindre coûte que coûte — et Dieu sait qu’il en coûte en effet, en argent comme en sang.

Pour imposer le faussel, le réel à l’envers, le nouveau négationnisme, celui qui nie la réalité du changement de peuple et de civilisation, la vérité de l’invasion, l’exactitude de la submersion migratoire et de sa réalité quotidienne, doit disposer d’un pouvoir formidable ; et c’est bien à un pouvoir formidable que nous avons affaire en effet. Jamais les totalitarismes qui ont précédé celui-ci n’ont disposé de forces comparables à celles que maîtrise le pouvoir aujourd’hui, grâce aux moyens modernes de communication, qui sont autant de moyens de surveillance et de manipulation. Ce pouvoir, quelques-uns d’entre vous le savent déjà, c’est ce que j’appelle la davocratie, le gouvernement du monde ou plutôt la gestion, le management du parc humain, par Davos, cette station de ski helvétique où se réunissent tous les ans les grands argentiers, les grands financiers, les banquiers, les dirigeants des sociétés multinationales, des gafas et des fonds de pensions. L’entretien de la bulle financière globale et le service de la dette planétaire exigent la croissance démographique, car il faut incessamment à ce Moloch de nouveaux consommateurs, qui auront besoin de tout, de logements, de vêtements, d’équipements, de gadgets, d’écoles, d’hôpitaux, de routes, et dont il importe peu qu’ils n’aient pas d’argent à leur arrivée puisqu’ils auront le vôtre, pour consommer, celui des anciens consommateurs qui consomment trop peu ou qui sont trop vieux, trop peu nombreux. De même que les logements sociaux ne sont pas grand chose d’autre que des logements raciaux, pour assuire urbanistiquement le changement de peuple, de même es prétendus transferts sociaux sont en réalité que des transferts raciaux, d’un peuple à l’autre, de l’ancien peuple aux nouveaux peuples. Il est courant de dire que l’ascenseur social ne fonctionne plus du tout, sauf à la descente, mais l’ascenseur racial, lui, marche à merveille, ne serait-ce qu‘entre l’Afrique et l’Europe. Notons au passage que les sociétés occidentales sont les premières dans l’histoire de l’humanité à se saigner aux quatre veines pour assurer leur propre remplacement, leur propre substitution ethnique, leur propre asservissement et leur propre destruction.

Mais reprenons. La bulle financière et le service davocratique de la dette exigent la croissance démographique. La croissance démographique exige l’immigration de masse et la substitution ethnique, car les peuples les plus développés sont conscients, plus ou moins consciemment, que toutes les politiques écologiques sont parfaitement vaines et inutiles aussi longtemps qu’il n’est pas mis un terme à la croissance démographique. Livrés à eux-mêmes, ils pratiqueraient très naturellement une très sage et très raisonnable décroissance démographique, qui naturellement ne fait pas du tout les affaires des affairistes, des financiers et de Davos : d’où la nécessité de remplacer ces vieux peuples trop sages et trop chers par d’autres peuples, à plus fort taux de rendement quantitatif : je vous rappelle que nous sommes dans la version remplaciste et davocratique du monde, au demeurant parfaitement assumée par l’O.N.U, qui en appelle incessamment au remplacement des populations occidentales, autant dire des blancs.

La croissance démographique détruit la planète et fait disparaître à toute allure la biodiversité animale. L’immigration de masse détruit la civilisation et fait disparaître à toute allure la biodiversité humaine. Naturellement nous autres antiremplacistes, adversaires de la substitution ethnique et du remplacisme global, vous, moi, nous sommes les seuls écologiste conséquents.

La situation politique la plus immédiate en France aujourd’hui peut-être perçue comme un face à face entre les Gilets jaunes et le pouvoir macronien. À ma connaissance on a peu observé que c’était la confrontation de deux directismes, si j’ose dire, l’un et l’autre anti-politiques : la démocratie directe contre la davocratie directe. Les Gilets jaunes réclament avant tout leur cher RIC, le Référendum d’Initiative Citoyenne, qui est une des formes classiques de la démocratie directe, sans intermédiaire. Emmanuel Macron, de son côté, est non seulement le représentant le plus pur, parmi les gouvernants du monde, de la davocratie, du gouvernement par Davos, par les banques et par la finance, dont il est l’enfant chéri, ilest aussi, à ce jour, le seul praticien de la davocratie directe, avec neutralisation totale de la classe politique intermédiaire : gouvernement d’inconnus, gens d’affaires et de réseaux, choisis pour leurs appartenances symboliques ; Premier ministre transparent, ravalé au rang de commis ; parlement à peu près exclu du jeu ; partis politiques traditionnels, éclatés, marginalisés ; parti majoritaire composé majoritairement d’invraisemblables zombies, ramassés Dieu sait comment, et dont la plupart paraissent incapables de mettre trois phrases à la suite les unes des autres — juste reflet, au demeurant, de l’hébétude organisée par l’effondrement du système scolaire, l’imbécilisation de masse, la propagande permanente, omniprésente ; quant aux pouvoirs locaux ils sont asséchés par la purge financière et le retrait systématique de leurs moyens fiscaux. La davocratie règne et elle règne directement. On peut d‘ailleurs se demander si elle n’est pas en train de le payer : car lorsqu’il y avait des partis, des syndicats, un Premier ministre, la contestation n’était pas dans la rue et elle ne réclamait pas la tête du président.

N‘importe, au moment où je vous parle elle est encore en place. Et qu’est-ce qui lui importe avant tout ? Quelle est même la seule chose qui lui importe vraiment ? C’est très clairement indiqué, en creux, par défaut, dans le projet bidon — veuillez excuser ce terme familier, mais sa polysémie m’est précieuse, son amphibologie est parlante ; et d’ailleurs, bidon, qu’est-ce qui ne l’est pas dans le règne du faux, dans le réel inversé, dans le faussel, dans l’organisation davocratique du bidonville global ?—, dans le projet bidon, donc, disais-je, de débat national. Français vous allez pouvoir discuter de tout, sauf de la seule chose qui importe, qui importe à votre destin en tant que peuple, qui importe à votre survie en tant que culture et civilisation ; et qui, en sens inverse, importe à vos maîtres pour la gestion du parc humain, pour sa normalisation, sa taylorisation, sa standardisation, la bonne marche des industries de l’homme, la fabrication industrielle de la Matière Humaine Indifférenciée, de l’homme en bidon. Vous allez pouvoir débattre de tout, absolument de tout, sauf de l’immigration, c’est-à-dire de l’immigration de masse, c’est-à-dire de la submersion migratoire organisée, c’est-à-dire du Grand Remplacement, c’est-à-dire du génocide par substitution. Cela, la substitution ethnique, le changement de peuple et de civilisation, c’est ce qu’on appelait jadis le “domaine réservé”. Sorry, folks : on ne parle pas de corde dans la maison d’un pendu.

Tout se passe à peu près comme si le gouvernement de Vichy, lors de la précédente Occupation, la courte, avait décidé, vers 1942 ou 43, mettons, d’offrir à ses malheureux administrés un grand débat citoyen, comme on ne disait pas encore. Ils allaient pouvoir exprimer et échanger leurs opinions sur tout, absolument sur tout, excepté sur ces trivialités qui n’auraient fait qu’embrouiller inutilement le débat : l’Allemagne, le nazisme, l’occupation du territoire, les déportations, le sort des juifs, la résistance. Leur proposer pareil débat c’eût été leur dire, évidemment, et c’est nous dire à présent : aller jouer avec cette poussière.

Voilà la situation aujourd’hui. On peut discuter de tout, absolument de tout, sauf de ce qui importe vraiment. Le réel fait l’objet d’une répression féroce. Y veillent la Justice, qui harcèle et châtie ceux qui parlent, et la Presse, si bien nommée, qui presse, écrabouille et broie, ne serait-ce qu’en leur refusant la parole, tous ceux qui auraient quelque velléité suicidaire de la prendre. Entre le prétoire et le pressoir il règne un silence de mort, que couvrent comme ils le peuvent la sonorisation forcée, le babil de l’imbécilisation de masse, la propagande permanente, l’ethnocide humanitaire, le conditionnement publicitaire à l’euthanasie de race. Souriez, vous êtes remplacés. Tous les journaux et organes de presse couramment appelés mainstream appartiennent à de grands davocrates, et quant aux médias de service public ils sont naturellement au service de la davocratie régnante, non sans un certain humour à l’occasion, il faut le reconnaître : ainsi lorsque France Culture, le Radio Paris d’aujourd’hui, Radio-Paris ment, Radio-Paris ment, Radio-Paris est musulman, ressasse son comique slogan, France Culture, l’esprit d’ouverture — depuis Arbeit macht frei on n’avait jamais rien trouvé d’aussi fort dans l’antiphrase ; à moins évidemment qu’il ne s’agisse d’une délicate allusion à l’esprit d’ouverture des frontières, pour le réceptionnage de la matière première indispensable au bon fonctionnement des usines à MHI, des fabriques de l’homme en bidon pour le bidonville universel, dont Barbès, La Chapelle ou la jungle toujours renaissante de Calais nous donnent déjà une si juste idée, sans parler de certains quartiers de Marseille.

Dans ces conditions, comment ne pas comprendre ceux qui, au Conseil National de la Résistance Européenne, nous disent, et ils sont la majorité :

« Présenter une liste est impossible. Il n’y a à prendre là que des coups, sans rien à espérer en retour. D’ailleurs vous n’y arriverez pas. Et si vous y arrivez vous aurez deux pour cent des voix, et cela ne fera que nuire à la cause que nous défendons ».

Oui, ils ont raison, c’est impossible. Hélas, ou heureusement, il y a une seule chose qui soit plus impossible encore que de présenter une liste, c’est de ne pas présenter de liste : de ne pas essayer de le faire, c‘est-à-dire de ne pas faire tout, absolument tout, pour tâcher d’interrompre l’horreur qui se perpètre en silence, dans le seul bruit des massacres mensuels : la Destruction des Européens d’Europe.

Vous me direz, ou d’autres nous diront, que d’autres partis, d’autres mouvements, d’autres hommes et femmes, autrement mieux armés que nous, mènent un combat très voisin du nôtre. Mais ce n’est pas le cas du tout, justement. C’est même le grand malentendu. Il y a en effet des partis, deux ou trois, deux et demie, disons, qui disent vouloir réduire l’immigration, ou même l’interrompre. Mais vouloir réduire l’immigration, ou même y mettre un terme dans la situation où nous sommes, cela n’a aucune espèce de sens. Vouloir réduire une invasion ou l’interrompre une fois qu’elle a eu lieu, c’est parler pour ne rien dire. C’est vouloir arrêter les Allemands une fois qu’ils sont à Bayonne. C’est accepter le déferlement migratoire comme un fait accompli, sur lequel il n’y aurait plus à revenir. C’est s’accommoder du statu quo. C’est considérer que l’islam, par exemple — mais pour ma part j’aime mieux dire l’islamisme : je n’appelle pas le christianisme Christian, ni le bouddhisme Bouddha, ni le judaïsme Juda, et je ne vois aucune raison d’appeler l’islamisme par son petit nom : à bas la civilisation des prénoms obligatoires !— , c’est considérer que l’islamisme, donc, est parfaitement compatible avec les valeurs de la République : je ne sais pas quelle mouche a piqué Marine Le Pen, ce jour-là, pour la pousser à dire quelque chose d’aussi dévastateur sur les pauvres valeurs de la République, que certes on peut critiquer, il m’arrive ne ne pas m’en priver, mais qui ne méritent tout de même pas d’être traitées de compatibles avec l’islam. Quoi qu‘il en soit, se contenter de vouloir mettre un terme à l’immigration, ou seulement de la réduire, de la choisir, c’est considérer contre toute évidence qu’il n’y a en France, aujourd’hui, que des Français, alors qu’en vérité il y a des envahisseurs et des envahis, des occupants et des occupés, des remplaceurs et des remplacés, des colonisateurs et des colonisés, des allogènes et des indigènes.

Qu’est-ce que l’occupant ? Celui qui se considère comme tel, qui se comporte comme tel, qui s’attife comme tel, qui se proclame tel. Comme nous il constate le Grand Remplacement, ce n‘est pas difficile, mais lui s’en félicite comme d’une magnifique victoire de ses glaives, de ses prêches, des ses kalachnikov et du ventre de ses femmes. Il ne se considère absolument pas comme français, l’idée qu’il le soit le dégoûte autant que nous. Nous non plus nous ne le considérons absolument pas comme Français. Il n’y a que le pouvoir remplaciste, les organisateurs du génocide par substitution, la davocratie directe, sa justice et ses journalistes, ses tribunaux et sa presse, le prétoire et le pressoir, pour le considérer comme Français, parce que dans le faussel tous les mots sont menteurs et que le plus menteur de tous c’est celui-là, Français, qu’ils sont arrivés, c’est le pire de leur crime, à nous faire détester. Quand nous apprenons qu’en Syrie, en Irak, dans la banlieue de Genève ou sur un marché de Strasbourg un Français a encore fait parler de lui, quand ce n’est pas un Alsacien ou un Nantais, nous savons qu’il va y avoir de l’embrouille ou du sang. Ce que leur langue menteuse fait disparaître du monde, c’est l’altérité. Il n’y a plus d’autre, puisque l’autre est le même, et porte le même nom. On peut bien accueillir la terre entière et se mélanger avec elle puisque ce n’est jamais que de l’homme, de la matière humaine pour les usines à homme, celles qui produisent la pâte à homme indifférenciée, le Nutella humain étalable à merci et commercialisable en bidons, pour le bidonville global, la jungle sans arbres et sans bêtes (sauf les rats, qui sont tous ardemment davocrates et plébiscitent Anne Hidalgo).

La seule ligne de partage qui compte aujourd’hui en France et Europe, c’est celle qui sépare les remplacistes des antiremplacistes : ceux qui s’accommodent du changement de peuple et de civilisation et ceux qui le refusent de tout leur être. Se contenter de réclamer un arrêt ou une diminution de l’immigration, c’est accepter l’inacceptable, c’est commencer à faire le deuil de la patrie, c’est se ranger du mauvais côté de la ligne de démarcation. Et, puisque nous en sommes à ces images-là, la ligne de démarcations, les années sombres, je dirais que c’est faire penser encore une fois à Vichy, émettant une faible note de protestation auprès de Berlin parce que les Allemands, qui occupaient déjà la zone Nord, ont soudain envahi la Zone Sud.

On trouvera que j’abuse un peu, à faire encore une fois référence à la précédente occupation, mais c’est hélas inévitable. L’actuel chef de l’État, avec son génie pour la guerre de retard, ne cesse de conjurer les années Trente, et les menaces que feraient peser sur nous leur retour. Mais ces menaces sont accomplies depuis longtemps. Le nouveau Munich est derrière nous, la Drôle de guerre aussi, l’invasion également. Si retour il y a, et retour il y a toujours, Marx nous en avait prévenu, mais retour en farce, en farce tragique, ce n’est pas le retour des années trente, mais celui des années quarante, et de leur réalité sinistre. Il y a bien des différences entre les deux Occupations, certes ; mais les deux Collaborations, au moins, se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Quant à la résistance, elle nous offre un de nos principaux modèles.

J’ai cité ailleurs quatre modèles, pour notre combat. Premièrement, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et les différentes luttes pour la libération nationale, principalement au XIXe siècle, Grèce, Italie, Hongrie, Pologne, etc. Deuxièmement la résistance, qui va sans dire. Troisièmement les révoltes anticoloniales, même quand elles ont eu lieu contre la France, comme en Algérie (je sais que c’est le modèle le plus difficile à fait admettre à certains d’entre vous, et cela pour d’excellentes et douloureuses raisons). Quatrièmement la dissidence, en Union soviétique et dans les pays du bloc de l’Est. Ce modèle là est le plus proche de nous dans le temps et c’est aussi le plus encourageant, car on y voit la vérité, une simple étincelle de vérité, faire s’effondrer d’un coup, un beau jour, alors qu’on n’espérait même plus ce bonheur, un totalitarisme formidable, presque aussi formidable que le remplacisme, mais tout entier construit, comme lui, sur le mensonge. Dans la société soviétique tout était faux comme dans la nôtre : un mot comme démocratie, par exemple, était aussi menteur que parmi nous un mot comme français ; quand à populaire il est aussi faux dans les deux registres, soviétique et remplaciste, puisque dans les démocraties populaires il désignait le pouvoir de la nomenklatura, tandis que chez nous un quartier populaire c’est un quartier arabe, un quartier dont notre peuple a été chassé. Or de telles sociétés, soviétiques, remplacistes, ou antiracistes (ces mots sont à peu près synonymes), si désespérément toutes puissantes qu’elles apparaissent, sont des colosses aux pieds d’argile. Elles peuvent s’effondrer en quelques jours, en quelques heures. Il suffit d’une étincelle de vérité, d’une flèche enflammée qui tombe au bon endroit, d’un coup de maillet bien placé ou simplement d’un enfant qui dit : « le roi est nu ». Raison pour laquelle, raison de plus, nous devons mettre sur pied cette liste, “La Ligne claire” — elle peut être cette étincelle. Qui sait si deux ou trois mots, au moins, ne traverserons pas l’air pour aller se loger là où il faut ? Nous sommes bien arrivés à placer Grand Remplacement, déjà…

Guerre d’indépendance, résistance, luttes anticoloniales — les trois autres modèles que j’ai proposés ont un point en commun : ils se terminent tous les trois sur le départ du conquérant, de l’occupant, du colon. Aucun asservissement de prend fin sans que l’étranger dominateur ne fasse ses valises. Aucune occupation n’a d’issue hors le retrait de l’occupant. Aucune colonisation n’a de terme si le colon ne s’en va. La Ligne claire, c’est celle qui va du ferme constat du Grand Remplacement à l’exigence de la Remigration. Vous entrez à Grand-Remplacement, vous changez à Charlie-Hebdo, à Promenade-des-Anglais, à Bataclan, peu importe, vous sortez à Rémi-Gration. Tout le reste est un embrouillamini, un Munich de tous les jours, une capitulation qui n’ose pas dire son nom. Comme nous n’avons pour arme que la vérité, et que nous sommes seuls à l’avoir, nous nous devons de la livrer toute entière, dans sa simplicité nue.

Et qu’on ne vienne pas nous parler de guerre civile. Nous n’appelons nullement à la guerre civile. Les guerres civiles, c’est au sein d’un même peuple. Une lutte de libération nationale n’a jamais été une guerre civile. Une révolte anticoloniale n’a jamais été une guerre civile. Une reconquête du territoire n’a jamais été une guerre civile. Certes il y a cette fois-ci beaucoup de collaborateurs et de traîtres mais ils sont, comme si souvent dans le passé, le parti de l’étranger. Le paradoxe est que nous sommes, nous, celui de l’étrangèreté, de la différence, de la distinction, de la discrimination, de l’altérité, de l’aliénité, de l’étrangeté en l’homme : de l’homme, en somme, de l’humanité du l’homme, contre les forces terribles du Même, du remplacisme global, de la Matière Humaine Indifférenciée (MHI). L’antiremplacisme est un humanisme. C’est même le seul. Il n‘est d‘autre morale que celle qui aspire à des êtres irremplaçables. Et de tous les noms d’oiseaux imbéciles dont nous sommes couramment abreuvés, le plus bête est celui de xénophobe. Nous sommes les seuls xénophiles, au contraire. Nous aimons tant l’étranger, et pour ma part je le dis sans ironie aucune, que nous souhaitons qu’il le reste, au contraire, étranger — et de préférence chez lui ; ou nous aurons le bonheur un jour, qui sait, d’être étrangers à notre tour, des étrangers en visite, ravis : car rien n‘est plus déprimant que ces slogans de compagnie d’aviation ou de chaîne d’hôtel qui nous promettent d’être partout chez nous. À quoi bon voyager, alors ?

Que si maintenant notre ligne est simple et claire, du Grand Remplacement à la Remigration, elle ne nous empêche nullement d’avoir des opinions sur tout le reste. Elles ne seront pas nécessairement les mêmes entre tous les membres de la liste. Même entre Karim Ouchikh et moi, il doit bien y avoir quelques différences, quoiqu’elles ne soient sans doute pas très faciles à trouver, ni très tranchées. Il est sans doute meilleur chrétien, je suis peut-être plus européen. Mais même là-dessus nos vues tendent à se rapprocher, me semble-t-il. J’observe d’ailleurs avec plaisir, à propos de l’Europe, que mes positions à ce sujet, jadis tout à fait minoritaires, voire confidentielles, commencent à se trouver, sans que j’y ai changé un iota, en étroite convergence avec beaucoup de celles qu’on entend désormais exprimer en très haut lieu, ici ou là. Elles peuvent se résumer en deux ou trois phrases :

« L’Europe, à mon avis — et je voulais parler, je l’avoue, de l’Union européenne, que beaucoup d’entre vous détestez si fort… —, l’Europe il ne faut pas la quitter, il faut s’en emparer. L’Europe il ne faut pas en sortir, il faut en sortir l’Afrique ».

S’emparer de l’Union européenne, c’était une utopie qui paraissait bien vaine, il y a dix ans, quand Davos y avait toutes ses pantoufles, et tous ces après-ski. Pourtant c’est à peu près expressément le projet, aujourd’hui, d’hommes comme Viktor Orban, qui d’autre part ne répugne pas, je le constate avec plaisir, à faire très ouvertement référence au Grand Remplacement. Et c’est un projet qui a cessé de paraître illusoire dès lors que des pays tels que l’Autriche, la République tchèque, la Slovaquie, la Pologne, les États baltes, l’Italie, d’autres nations demain, qui sait, paraissent exprimer des vues et nourrir des desseins très semblables à ceux de la Hongrie, et, si j’ose dire, aux miens.

Je fais partie de ceux, et je sens qu’ici je ne vais pas me faire que des amis dans la salle — c’était d’ailleurs un de ces points de divergence avec Karim Ouchikh dont je cherchais à l’instant quelque exemple… —, je fais partie de ceux qui se sont attristés du Brexit, autant par amour de la Grande-Bretagne et de la culture anglaise, et de la civilisation écossaise, ou l’inverse, que par amour passionné de l’Europe. La vérité est que je ne puis absolument pas concevoir une Europe dont la Grande-Bretagne, qui en représente une composante majeure, capitale, décisive, essentielle, ne ferait pas partie. On voit que l’Europe à laquelle je pense est culturelle et civilisationnelle avant tout. Et l’un des projets que Karim Ouchikh et moi entretenons avec le même enthousiasme, sans la moindre divergence cette fois, est celui d’une académie européenne de la culture, des Arts, des Lettres, de la Musique, de la Philosophie, des Sciences, d’une académie européenne, dont pour ma part je verrais volontiers le siège à Vienne, ville impériale veuve d’un empire, idéalement placée aux confins de l’Europe latine et de l’Europe germanique, de l‘Europe catholique et de l’Europe protestante, de l’Europe du Sud et de l’Europe du Nord, de l’Europe occidentale et de l’Europe orientale, au cœur du cœur de l’Europe centrale, viennoise, musicale, psychanalytique et juive. J’avoue que je vois Vienne en capitale de l’Europe, d’une Europe rentrée dans l’histoire après soixante-dix ans d’absence : et cela bien plus que je ne vois en cet emploi la malheureuse Bruxelles, ville aujourd’hui largement musulmane, d’une part, mais qui surtout a été depuis des lustres le théâtre de tant de trahisons, d’intelligence avec l’ennemi, de livraison de ce dont elle avait la garde sacrée, qu’elle restera dans l’histoire, c’est probable, comme la Vichy du Continent, la capitale de la Deuxième Occupation, le haut lieu de la seconde Collaboration, même si ce dernier terme, dans son cas, est un peu faible, puisque l’Europe de Bruxelles, bien plus qu’elle n’a collaboré à la conquête africaine et musulmane, l’a organisée avec soin.

D’ailleurs les partis souverainistes et leurs leaders s’acharnent obsessionnellement et presque exclusivement contre Bruxelles, et bien entendu je les comprends : mais je trouve qu’ils se trompent de cible, au moins de cible principale. Quand un pays ou un continent sont occupés, c’est contre l’occupant qu’il faut concentrer ses efforts afin d’obtenir son départ : pas contre le pouvoir traitreux qui s’accommode de sa présence, ou l’organise. Les souverainistes, en leur obsession de Bruxelles, me font un peu penser à des résistants de la dernière guerre que Vichy obsèderait si fort — très légitimement, d’ailleurs, là n’est pas la question — qu’ils en oublieraient les Allemands, et leur présence.

Pardon, pardon, j’ai failli à ma promesse, pardon, et suis revenu une fois de plus à la précédente occupation. C’est malheureusement inévitable, car je crois que tout ce que nous vivons, toute cette horreur, tout cet abandon, toute cette passivité face au désastre, qui stupéfie le reste du monde, même quand il n’hésite pas à en profiter, est conditionné pour une très large part par ces années-là, n’aurait jamais pu survenir sans elle. C’est ce que j’ai appelé, dans un petit ouvrage de ce titre, La Seconde Carrière d’Adolf Hitler : sa carrière à l’envers, sa carrière de fantôme — moins directement criminelle que la première, sans doute, moins ouvertement et directement génocidaire, mais de conséquence encore plus vaste s’il se peut. C’est à cause du traumatisme hitlérien et de l’horreur des camps de la mort que l’Europe, par sentiment de culpabilité et d’angoisse d’elle-même, a voulu descendre de l’histoire, la quitter, en sortir, l’oublier, acceptant de tout subir d’elle sans paraître le remarquer seulement. Quel petit Grand Remplacement à guidon chromé au fons de la cour ? Or l’histoire, si l’Europe ne veut pas disparaître tout à fait, et non seulement de l’histoire, mais de la géographie même (elle qui est un continent imaginaire), l’histoire, il lui faut y revenir à présent, y opérer son grand retour. Et pour cela il lui faut faire l‘effort presque inconcevable de se penser de nouveau comme puissance, comme force, pas nécessairement agressive, au contraire, mais capable de se défendre, tout de même, et même de se défendre seule. Je ne suis guère plus trumpiste que je ne suis poutinien — étant européen je n’ai d’ailleurs guère de raison d’être l’un ou l’autre — mais Donald Trump est dans le vrai, à propos de l’Europe, quand il dit qu’il n’y a aucune raison pour que ce continent riche et nombreux, mais un peu lâche, et près de ses sous, délègue presque entièrement à d’autres, et notamment aux États-Unis, qui en ont assez de payer, on les comprend, le soin de sa défense. Il faut à l’Europe une capitale, un président et une armée. Rassurez-vous cependant, je songe éminemment à une Europe des Nations, une Confédération, aux attributions strictement réparties, entre le pouvoir confédéral et les Nations.

Pour le reste tout est si délabré, que ce soit en France ou en Europe dans son ensemble, culturellement, spirituellement, scolairement, écologiquement, esthétiquement, que je ne place d’espérance que dans une politique de sanctuaires, réminiscente des couvents du haut Moyen-Âge, et d’ailleurs tout à fait conforme à notre approche anti-globaliste du monde.

L’Éducation nationale, par exemple, est dans un tel état de déréliction, et livrée à tant de forces contradictoires en son sein même, qu’elle est à peu près irréformable en bloc, et qu’il ne servirait pas à grand chose, à ce stade moribond, de vouloir procéder sur elles à de nouvelles réformes encore, que les suivantes aboliraient, ou dont elle aggraveraient encore les effets, ainsi qu’il en est toujours allé jusqu’à présent. J’emprunte au programme de l’In-nocence, comme en d’autres parties de ce discours un peu programmatique, justement, mais très partiel, par la force des choses et malgré sa longueur, le projet de ce que nous avons appelé de longue date — il figure en grand détail dans le recueil De l’In-nocence — la Sécession scolaire (interne), appuyé sur le Triple Volontariat : volontariat des professeurs, volontariat des parents d’élèves, volontariat des élèves eux-mêmes, exaspérés ou désespérés de la gabegie actuelle et auxquels seraient attribués, au sein de l’Éducation nationale, des établissements scolaires et autres lycées au prorata de leurs demandes conjointes pour une éducation réformée, organisée autour de principes d’autorité, d’inégalité entre les maîtres et les élèves, d’inégalité entre les bons élèves et les mauvais, de sélection, de formalisme tempérée par la gentillesse et par la courtoisie, de chronologie et de continuité dans les enseignements, etc. Un lycée pour mille volontaires, mettons. Des trimestres qui soient des trimestres, des semaines qui soient des semaines, pas d’interruption perpétuelles, aucune concession au commerce ou à l’hôtellerie dans les dates des vacances. Pas d’activités purement ludiques ou sociétales, sans rapport aucun avec l’enseignement, la culture ou la découverte de la nature. Réintroduction du latin et du grec, qui sont le fondement de notre civilisation. Personne ne serait forcé à l’inscription — triple volontariat je vous le rappelle ; tout le monde serait admis, personne ne serait gardé qui ne voudrait pas suivre, ou qui ne le pourrait, malgré l’assistance apportée à ceux qui le souhaiteraient. L’idéal poursuivi serait un égal accès aux inégalités, à ces inégalités fondamentales que sont la culture, l’éducation et les connaissances. Pour pallier les inégalités d’origine et garantir les inégalités d’arrivée, ne serait-ce que les inégalités avec soi-même, les plus précieuses, il serait institué un corps autonome d’assistance éducative individuelle, ou quasi-individuelle, à la disposition de tous ceux qui voudraient y faire appel pour progresser, ou pour ne pas être distancés par leur pairs. Quant à ceux qui décidément le seraient, distancés, que ce soit par incapacité ou par manque de volonté, d’assiduité, ils ne connaîtraient sort plus amer que de rejoindre le système général, le système actuel, dont les défenseurs et les responsables nous disent si grand bien, et qui serait maintenu selon leurs vœux. Il est à espérer que nos écoles et nos lycées réformés, étroitement surveillés, objet de tous nos soins mais pas nécessairement d’investissements budgétaires particuliers, car nous ne pensons pas que le problème soit au premier chef une question de moyens, créeraient par leur seule existence une saine émulation, pourraient servir de modèles et seraient, s’ils réussissaient comme je le crois, être largement imités. On pourrait dans un second temps, s’ils donnaient les heureux résultats que j’en attends, en généraliser les principes constitutifs ; mais toujours sans forcer personne.

Voilà un premier exemple de sanctuaires, celui-là pour l’Éducation. Je n’en donnerai ici qu’un autre, car ces exemples et ces sanctuaires, et bien d’autres points encore, n’appartiennent qu’à mon programme propre et à celui de l’In-nocence, pas nécessairement à “La Ligne claire” ou à tous ceux qui figureront sur cette liste. L’autre exemple sera celui du territoire, qui a grandement besoin de sanctuaires lui aussi, de zones protégées, car il se dévaste à vue d’œil, la ville et plus encore la campagne étant remplacées à toute allure par la banlieue universelle, et la banlieue universelle, à son tour, par ce bidonville planétaire que j’ai eu plusieurs fois déjà l’occasion d’évoquer au cours de cette allocution, car il paraît bien être l’horizon indépassable du remplacisme global, son paysage naturel, son chef-d’œuvre.

On parle couramment de désertification des campagnes, mais rien n’est plus faux. Il n’y aucune désertification des campagnes. Il y a au contraire leur urbanisation rampante, leur banleugalisation sournoise, leur artificialisation précipitée — rappelez-vous : un département entier tous les dix ans, livré au béton, à l’aggloméré et au goudron.

La désertification impliquerait une certaine grandeur, au moins celle du désert et des Pères de l’Église, de Marie-Madeleine à la Sainte-Baume, de Port-Royal ou de Charles de Foucauld : le retrait, le silence, la distance prise, l’absence, le vide. Les campagnes ne sont pas du tout désertifiées, elles sont abandonnées par les services publics — c’est tout à fait différent. Dans le même temps elles sont banleugalisées, rond-pointisées, éoliennisées, loties, aménagées, bétonnisées, parpaignisées, tôleondulisées, stabulationnisées, artificialisées, déshistoricisées, salopées, retournées, éraflées, carriérisées, dévastées, massacrées.

On nous répète que la France se désindustrialise, et c’est en partie vrai ; mais ce n’est vrai que de l’industrie. Tout le reste s’industrialise à grande vitesse, au contraire : la culture, le loisir, le tourisme, l’homme, le corps, l’âme. Nous avons dit plus haut que nous étions les seuls écologistes conséquents, attachés à la biodiversité de l’homme, des cultures, des civilisations, autant qu’à la biodiversité de la faune et de la flore. J’en donnerais un autre exemple. À quoi sert-il de protéger la planète pour l’homme si on la lui rend invivable au prétexte de la protéger ? Si par exemple on la couvre d’éoliennes assassines d’oiseaux, qui font un bruit d’enfer et le séparent du ciel, gâchant les paysages et cachant les nuages, et souillant tour à tour les sommets, où plus présents sont les dieux, s’il faut en croire Hölderlin ? Mieux vaut mille fois les panneaux solaires sur les toits, à condition qu’ils épousent rigoureusement, et entièrement, la forme de chaque pan. On me dit même qu’il en existe désormais qui peuvent revêtir la silhouette, le volume et le ton des ardoises, des briques, des pierres. Voilà qui devrait être moins gênant pour l’œil que les pales.

L’in-nocence est par définition un mouvement écologique, son nom l’indique assez. L’in-nocence c’est la non-nocence, l’absence de nuisance. Primum non nocere, dit avec Hippocrate la médecine antique : d’abord ne pas nuire. Mais si l’in-nocence apporte à l’écologie un élément spécifique, c’est son caractère esthétique, pour ne pas dire spirituel. À quoi bon défendre la Terre, si c’est détruire sa beauté, et mettre à mal sa dimension d’absence, de retrait, de silence, de vide. Le vide est le site de l’âme. Moins il y a d’hommes, plus il y a d’âme, et davantage pour chacun. Dans la banlieue universelle nous sommes faits comme des rats, et plus encore dans le bidonville global, qu’ils infestent, ainsi qu’on le constate à Paris, l’un de ses appartements-témoins. D’où la place éminente que j’aimerais donner, parmi les sanctuaires que je propose, à la sanctuarisation du vide. Le peu qui reste de lui il faudrait en dresser des cartes, le déclarer inviolable, l’ériger en parcs nationaux, plus rigoureux que les vrais, plus hostiles à tout intervention, et plus grands.

J’aimerais être ministre de l’Inaménagement du Territoire. Le premier qui créerait un parc de stationnement, un “Plan Littoral”, une “Expérience Forêt” ou un sentier de randonnée serait déporté aux iles Kerguelen, ou, plus sévèrement encore, envoyé en vacances de Noël à Saint-Tropez, comme le président de la République et sa dame.

Un notable écologiste, M. Yves Cochet, déclarait cette semaine que les Européens devraient faire moins d’enfants, afin de laisser plus de place aux migrants. Je ne suis pas du tout hostile à la première partie de la proposition, on l’aura compris ; je l’ai même observée moi-même avec une louable abnégation, et j’en réclame le beau mérite auprès de M. Cochet. Mais si je veux bien faire moins d’enfants, et que les Européens dans leur ensemble en fassent un peu moins, comme ils y sont heureusement portés, ce n’est certainement pas pour que les autres en fassent plus, bien au contraire ; et viennent les faire en Europe qui pis est. Puisque j’en suis à un très bref échantillon de mes propositions, qui ne sont pas exactement celle de la “Ligne claire”, je citerai encore celle-ci, qui conditionne toute aide aux pays d’Afrique à l’application par eux d’une politique de décroissance démographique.

La seule ligne commune à tous les candidats de la Ligne claire c’est la Ligne claire elle-même, c’est-à-dire celle qui mène, je le répète, du constat du Grand Remplacement à l’exigence de la Remigration. Au demeurant la Remigration, qui aurait le mérite de faire de la place autant que de soulager les comptes publics, s’accorde à merveille avec le dessein de sanctuariser le vide : n’est-ce pas d’abord le Grand Remplacement, et d’abord l’immigration de masse, qui a le plus contribué à son étiolement, à l’élargissement sans fin des banlieues, à la fatale artificialisation, propension essentielle et emblème du remplacisme global. Je n’aurais rien, pour ma part, contre une France de cinquante millions d’habitants. La force ni la pensée ne sont plus dans le nombre, Dieu merci, mais dans l’intelligence et la détermination. Israël le montre assez, seule au milieu d’un océan d’ennemis. Occasion pour moi de préciser que je suis partisan, également, du transfert des ambassades de Tel-Aviv à Jérusalem. L’appartenance de Jérusalem à Israël, et d’Israël au peuple juif, est l’étalon-or de toutes les appartenances. Si Jérusalem n’était pas indissolublement à Israël, il n’y aurait aucune raison profonde pour que Paris ne soit pas indissolublement à la France, ni Saint-Denis, ni même Marseille.

On jugera que je n’ai guère parlé d’économie, et maintenant il est trop tard, rassurez-vous. Je l’aurais pu si je l’avais voulu, comme disent les enfants. Après tout je suis l’auteur d’un petit ouvrage, Qu’il n’y a pas de problème de l’emploi, paru chez P.O.L vers 1995, et que je ne renie pas vingt-cinq ans après, bien loin de là. Et je pourrais bien être le seul dans cette salle, encore que j’aie cru y remarquer quelques gauchistes, à être partisan, comme Benoît Hamon, d’une forme de revenu universel. Du travail il y en aura de moins en en moins, en effet, avec la robotisation de tout. Et le droit, que je crois fondamental, de ne pas employer qui l’on n’a pas besoin d’employer, ne peut que se doubler, pour l’inemployé, qu’il soit définitif ou provisoire, de quelque forte garantie. Mais tout cela nous entraînerait trop loin. Et certes il n’est pas mal, symboliquement, que l’économie ait été exclue de ce propos-ci, ne serait-ce qu’à titre de rétorsion. En effet, si le Grand Remplacement, on l’a vu, et quelle que soit son énormité, n’est qu’une sous-section du remplacisme global, le remplacisme global, lui, n’est pareillement qu’une sous-section de l’économisme ; dont il se pourrait bien qu’à son tour il soit une sous-partie de plus horrible encore, le financiarisme, déconnecté de l’économie, et qui tend à la remplacer. C’est l’économisme et lui seul, ou le financiarisme qui le remplace, qui instaure l’homme remplaçable, sans seulement y penser. C’est la conception pan-économique du monde, et même de l’être — qui dès lors n’a plus de raison d’être —, c’est cette conception financiarisée de la présence, qui fait de l’homme de la Matière Humaine Indifférenciée, étalable et délocalisable à merci. Et quand j’entends des gens censés être de notre bord dire qu’ils sont contre le Grand Remplacement, certes, contre l’immigration de masse ou même contre l’immigration tout court, parce que tout cela, ils l’ont calculé avec soin, nous coûte plus que ça ne nous rapporte — ce qui est vrai, ô combien —, je me dis que ceux-là sont aussi remplacistes que les plus remplacistes, aussi étrangers ou davantage à ma façon de voir ; et que s’ils sont le gros de nos maigres troupes nous sommes perdus.

Mais nous ne sommes pas perdus. Juste un peu seuls. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus seuls. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus vrais. Nous vaincrons parce que notre adversaire est vraiment trop fort, trop partout, trop tout, et que si nous ne vainquions pas c’en serait fait de l’être. Je dis l’être et pas l’identité, malgré ma sympathie pour les identitaires, et mon admiration pour leur sens stratégique. Me sépare d’eux une infime nuance philosophique, si l’on veut, ontologique, pour le coup, qui ne devrait pas gêner nos rapports politiques, j’espère. L’identité, le caractère identique, c’est déjà l’acceptation de la perte, dans une certaine mesure : de la similitude, de l’imitation volontariste, du remplacement, du double. Les poilus de Verdun n’étaient pas identitaires : ils étaient français. Qu’est-ce qu’être français ? Ne pas se poser la question. C’est tout le bonheur austère que je nous souhaite.