Sur la boîte à lettres de l’école élémentaire Jean-Moulin de Châteauroux, un autocollant d’un centimètre sur sept, voire deux, écrit le journal indigné, ont été apposés. Ils portent l’inscription “It’s Ok to be White”, on a le droit d’être blanc. « Le directeur académique prend cet incident au sérieux, dit encore le même quotidien, et portera plainte s’il se reproduit ». Le journal, c’est La Nouvelle République du Centre-Ouest, plus communément appelé La Nouvelle République, ou même La NR. Il s’exprime ici par le truchement de sa correspondante à Châteauroux, Mme Aziliz Le Berre. Toujours à propos des mêmes autocollants, cette journaliste parle de « message haineux ». Le titre de l’article est : « Châteauroux : un autocollant raciste collé sur une école élémentaire ». De son côté le directeur académique se désole : « C’est une école où il n’y a jamais eu le moindre problème » — sous-entendu, et maintenant ça, cette abomination.

On est ici au cœur exact de la folie qui nous gouverne et qui nous tue, du délire suicidaire, du faussel, ce réel à l’envers du négationnisme de masse qui préside au génocide par substitution et assure le silence autour de lui. Le milliard de Français qui ont vécu en France depuis quinze siècles doivent savoir dans leur tombe qu’en 2020 un quotidien du Berry, La Nouvelle République, présenterait comme un grave attentat raciste le dépôt sur une boîte à lettres d’un, voire deux autocollants d’un centimètre sur sept, “On a le droit d’être blanc”. Evidemment le journal explique, et le directeur académique pense aussi, sans doute, que cette phrase est un slogan des suprémacistes blancs américains, qui compterait parmi eux des néo-nazis. C’est le triomphe de “la seconde carrière d’Adolf Hitler”. Ce qu’on dit ou qu’on écrit n’a plus aucune importance, le sens ne compte pas, les plus manifestes évidences cessent d’être dicibles, tout ce qui doit être retenu d’un message ce sont ceux qui ont pu l’émettre plus tôt. Et comme les méchants ont à peu près tout dit, on ne peut plus rien dire. Les Français n’ont même plus le droit de prétendre à la légitimité d’être blancs, le Grand Remplacement peut et doit se poursuivre en silence, sans protestations d’aucune sorte.

Bien entendu rien ne paraîtrait plus judicieux que de poursuivre le journal en justice, pour encouragements au génocide par substitution, entés de l’interdiction aux victimes de se plaindre. Il faudrait seulement oublier, pour se lancer dans pareille aventure judiciaire, que l’immense majorité des juges appartient à la même école que l’immense majorité des journalistes, on seraient tentés d’écrire au même service du changement de peuple, et qu’ils n’ont pu comme eux parvenir où ils sont qu’à la condition de donner incessamment des gages de leur dévouement à la substitution ethnique et au principe de la préférence occupante, son mode opératoire. On a peut-être le droit d’être blanc, mais déjà on n’a plus le droit de le dire, et il serait fort imprudent de le plaider.