Le projet de vente par l’État des aéroports de Paris paraît à tous incompréhensible. Non seulement c’est une aberration stratégique et symbolique, car la France se prive ainsi, avec une imprudence inouïe, de possessions emblématiques de la souveraineté qu’il est inimaginable de savoir en d’autres mains que celles de la nation ; mais cette folie n’a même pas d’excuse économique, puisque ces aéroports sont extrêmement rentables et constituent pour le Trésor, comme jadis les autoroutes — pareillement bradées en leur temps contre toute raison —, une source de revenus considérables et réguliers. Il en va là, en petit (malgré les milliards impliqués), comme pour le changement de peuple, désormais reconnu de toute part, et qu’a fortiori strictement rien ne pouvait recommander, lui non plus. Alors pourquoi ? Et pourquoi cette hébétude accablée avec laquelle le peuple assiste sans réagir à ce qui ne peut lui paraître que la monstruosité que c’est, son dépouillement et son effacement ?

La seule explication possible est que l’État et le gouvernement ne sont pas entre les mains d’un pouvoir démocratique, qui veillerait aux intérêts de la Nation ; mais d’un pouvoir davocratique qui ne sert que lui-même et les intérêts qu’il incarne, c’est-à-dire Davos, la finance, les banques, les multinationales et les “gafam”. Et si le peuple ne dit rien c’est qu’il est abruti par les industries de l’hébétude, qui sont les mêmes que celles de l’homme en bidon, l’homme remplaçable du remplacisme global. Non seulement les Français sont remplacés à grande vitesse, mais durant le cours même de ce génocide par substitution ils sont ouvertement volés comme dans un bois.