Les États-Unis et le monde sont bouleversés par une photographie de structure désormais classique, hélas, montrant un père et sa très jeune fille gisant morts étendus sur le ventre, visage dans le sable, sur un rivage cette fois mexicain. Ce sont de nouvelles victimes, après des centaines de milliers d’autres, du remplacisme global, l’idéologie de la Matière Humaine Indifférenciée, qui jette incessamment des millions d’hommes, de femmes et d’enfants sur les routes, sur les mers et les sables, en les persuadant de façon criminelle qu’ils peuvent se soustraire à l’histoire comme à la géographie, à l’espace aussi bien qu’au temps, à la construction de leur propre pays et de leur propre civilisation en allant se lover dans ceux des autres, que bien entendu ils détruisent en y abordant en masse, lorsqu’ils y parviennent.

La colonisation s’est faite paresseuse, avec le temps. Aujourd’hui le remplacisme global trouve plus commode, et surtout plus économique de faire venir sur place les colonisés, et d’en faire des colonisateurs, selon son principe général d’abolition de toutes les frontières et de toute discrimination, entre les races, entre les sexes, entre les nations. Que des individus par milliers soient broyés ou noyés dans le processus, que des civilisations soient détruites et des cultures effacées, que les notions mêmes de culture et de civilisation soient vidées de leur contenu tandis que s’instaure et s’étend à toute allure le bidonville universel, voilà qui lui est bien indifférent, par exemple, malgré les cris d’orfraie recommandés par ses conseils en communication. Il n’est pas sûr d’ailleurs que le remplacisme global ait un cœur, ou une conscience, non plus qu’un nom et un visage. Il pourrait bien n’être lui-même qu’une énorme machine, une mécanique, un robot, qui ne garderait d’humain que l’aspiration insatiable au profit.


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