M. Jean-Luc Mélenchon déclare : « Vous ne vous baladez pas dans la rue ? Vous ne voyez pas ce qu’est le peuple français ? Le peuple français a commencé une créolisation, selon le concept forgé par Édouard Glissant. Il ne faut pas en avoir peur. Il faut s’en réjouir ».

En somme il constate froidement le Grand Remplacement, et de la façon dont il a toujours été constaté, comme une évidence, par le simple spectacle de la rue, par l’expérience de vivre en France et en Europe. Mais tandis que pour notre part nous le refusons de tout notre être, avec le peuple indigène colonisé et ses assimilés, lui s’en réjouit comme d’une promesse de pouvoir, avec l’occupant colonisateur et ses alliés. Que son bord affirme tranquillement aujourd’hui ce qu’il a nié avec fureur pendant des lustres ne le gêne pas, semble-t-il ; mais gênera peut-être un peu ses affidés, s’ils ont quelques scrupules idéologiques ou logiques, lesquels n’ont, il est vrai, jamais été leur fort. Face à pareil cynisme nos Partisans, de leur côté, balancent entre amusement et écœurement.

Jean-Luc Mélenchon emprunte à Édouard Glissant un joli nom bien littéraire, pour le Grand Remplacement, qu’il ne pouvait pas présenter à ses ouailles sous l’identité que nous lui avions conférée : il l’appelle créolisation. Nous avions nous-mêmes proposés d’autres hologrammes et d’autres hypostases, pour le même crime contre l’humanité : immigration de masse, submersion migratoire, changement de peuple et de civilisation, destruction des Européens d’Europe, génocide par substitution, génocide à l’homme (comme on ditgénocide au gaz, ou génocide à la machette). Au regard du Cloaque, des juges, du pouvoir et des médias, peu importe les mots, de toute façon, et peu importe le message, même. Seul compte celui qui l’émet : occupant, occupateur ou occupé ; remplaçant, remplaciste ou remplacé ; colonisateur, artisan de la colonisation ou Français indigène décolonise et révolté. La seule loi qui s’applique est le fameux État deux droits : la préférence occupante. Tel partisan de la remigration qui dirait la moitié du quart de ce que dit Mélenchon aurait déjà toutes les officines pro-génocidaires aux chevilles, vociférantes.