Avec la Fête de la Musique à l’Élysée s’observe à merveille un cas de coïncidence absolue entre les deux remplacements : le Petit et le Grand, le changement de culture et le changement de peuple, le changement de classe (de référence culturelle) et le changement de race (de référence culturelle également). Musique, danse, mode, les arts sont méconnaissables ; les Français aussi. La question n’est pas de savoir si les uns et les autres ont gagné au change mais si infliger pareille transformation à un peuple et à sa culture, à son image de lui-même — certes en conformité entière avec les exigences du remplacisme global et de la davocratie —, est légitime ou criminel ; s’il faut parler d’adaptation au siècle ou d’ethnocide ; de sympathique ouverture au monde ou d’allégorie, pour un génocide par substitution.

Le spectacle donné est celui d’un triomphe, après une prise de possession. On ne sait pas si l’équipe de France de football va remporter de grands succès et être célébrée à l’Élysée, mais l’équipe de France de techno est déjà dans la place, elle, et s’abandonne rituellement, pour célébrer sa victoire, aux pulsions ataviques : remontée des profondeurs et esprit des ancêtres. Les malheureux indigènes, le même jour, ont appris du chef de l’État, bien opportunément, que toute résistance de leur part à l’immigration de masse et à la substitution ethnique était une lèpre, et donc qu’eux-mêmes étaient des lépreux, en bonne logique. C’est bien en effet le sentiment qu’ils avaient. Il ne leur reste qu’à l’assumer, avec une crécelle au bout d’un bâton, peut-être…


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