Les talibans ont pris Kandahar et n’ont plus qu’à attendre que Kaboul et l’ensemble de l’Afghanistan tombent entre leurs mains comme un fruit mûr. Rien ne rappelle davantage la fin de la guerre du Vietnam, la chute annoncée de Saïgon après le départ des Américains, le triomphe qui dure encore de la tyrannie communiste. Encore une guerre perdue de l’Occident : et cette fois par le caprice d’un président américain qui soudainement compte pour rien les efforts vingt années durant de ses prédécesseurs et de ses troupes. Des centaines de soldats sont morts en vain, des milliards de dollars ont été jetés par les fenêtres. L’Amérique blanche est impatiente d’une ultime défaite, avant de passer la main aux Black Lives Matter, à la Cancel Culture et aux peuples de remplacement. Et les idéaux officiels de protection des femmes, d’éducation pour tous, de défense de la démocratie et de soutien aux libertés individuelles n’ont soudainement plus cours, dès lors que c’est à l’islamisme radical qu’ils sont offerts en holocauste. Quant aux Afghans qui ont pu croire à tout cela et que l’on abandonne comme de la chair à massacre, ils pourront toujours se recaser en Europe.

L’Europe n’est plus que l’hospice du monde. C’est elle, après tout, qui a choisi de sortir de l’histoire, et de s’offrir au reste de la planète comme un terrain vacant, un vide qu’elle n’est pourtant pas, Dieu sait, une non-entité, un ectoplasme. L’occasion serait pourtant belle, pour elle, de reprendre son rôle de protagoniste capital du concert des nations, de réaffirmer sa présence réelle, de cesser de jouer au fantôme dont tout le monde occupe tranquillement le château. Il y faudrait une diplomatie, une armée, et, plus que tout, une volonté. Mais le pouvoir en Europe n’a d’autre volonté que de changer de peuple, de sexe, de genre et de civilisation.