Un gouvernement espagnol s’était déjà signalé il y a un quart de siècle en mettant en avant l’idée hallucinante que les retraites n’étaient pas un problème, que si l’on manquait d’Espagnols actifs pour les payer aux Espagnols retraités il suffisait de remplacer les premiers par des Marocains, des Sahraouis, des Algériens, des Mauritaniens, tout ce qui voudrait bien se présenter, et il n’en manquerait pas. C’était exprimer en acte, avec une candeur désarmante, l’idée centrale du remplacisme global davocratique, c’est-à-dire de l’antiracisme génocidaire : à savoir que les peuples se valent sur quelque territoire que ce soit, et que si l’on n’a pas assez d’Espagnols en Espagne, il suffit de mettre à la place des Marocains, c’est pareil. C’était là renverser toute la pensée occidentale depuis des siècles, mais aussi bien toute la pensée universelle depuis toujours : l’homme devenait une matière absolument interchangeable, où que ce soit.

En 2021 un autre gouvernement espagnol est tout à fait fidèle au même principe négationniste-génocidaire : les villages de l’intérieur de l’Espagne se dépeuplent, qu’à cela ne tienne, il n’y a qu’à y installer des Africains. L’aberration est double : que la population espagnole décroisse un peu est certainement une excellente chose dont devraient s’inspirer tous les autres peuples de la Terre, étant donné l’état de la planète, dont presque tous les maux sont dus à la surpopulation. Et c’est pour pallier ce mal imaginaire, qui est en fait un bienfait, que le gouvernement remplaciste espagnol entend procéder en Espagne à une substitution ethnique qui non seulement fera perdre à ce pays l’avantage d’une décroissance modérée, exemple à suivre pour le reste du monde, mais abolira en la population sa culture, son histoire, son identité, tout ce qu’elle a voulu être et désiré éviter à tout prix depuis qu’elle est espagnole.