D’un point de vue strictement historique, idéologique, politique et non pas personnel, les manifestations du 18 octobre 2020 en hommage à Samuel Paty, le professeur d’histoire et géographie décapité par un islamiste tchétchène, sont plus accablantes encore que la décapitation elle-même. Les échos publics qu’on en reçoit, il est vrai, sont soigneusement filtrés par le Cloaque, c’est-à-dire, en l’occurrence, par les médis négationnistes génocidaires. On peut espérer que par en-dessous il y avait dans la foule — presque uniquement indigène — plus de fureur et d’esprit de révolte contre l’occupation imposée, contre la colonisation forcée, contre l’islamisation contrainte, contre le génocide à l’homme et le génocide au couteau, qu’il n’en était effectivement montré et transmis par la presse collaborationniste. Reste que le spectacle offert par ses soins, c’était le parti génocidaire tellement omniprésent qu’il défile même contre le génocide.

Que disent les manifestants interviewés, en effet, qu’il s’agisse de personnalités politiques, de confrères et consœurs de la victime, de futures victimes ou de marcheurs de hasard, aux propos soigneusement choisis et filtrés ? Qu’il faut plus de ce qui a été fait et refait depuis quarante ans, plus de “pédagogie” (c’est-à-dire plus de destruction de l’École et d’industrie de l’hébétude), plus de laïcité (c’est-à-dire plus d’égalité de l’envahisseur avec les envahis, et bientôt plus de domination des premiers et de Soumission des seconds), plus de valeurs de la République (c’est-à-dire de droits de l’occupant et de préférence occupante). Et bien sûr les maires dont l’élection dépend du bon vouloir des colonisateurs et des colons en profitent pour réclamer une augmentation du Tribut. Ce qui se trouve obstinément nié dans ces propos (et c’est pourquoi ils relèvent comme tant d’autres du négationnisme de masse, du négationnisme global), c’est la réalité pure et simple, la réalité dans son ensemble : le Grand Remplacement, le changement de peuple et de civilisation, la colonisation, l’occupation, l’existence obstinée des races et leur caractère culturel, religieux, civilisationnel, et cela malgré les définitions imbéciles et pseudo-scientifiques des racistes et des antiracistes — bref l’impossibilité radicale du vivre ensemble imposé, son caractère inévitablement meurtrier pour les individus, fatal pour la nation, létal pour le peuple.