On peut supprimer d’un trait de plume l’École Nationale d’Administration, on ne peut pas supprimer l’École tout court, le système scolaire, l’Éducation nationale. Ces deux institutions sont pourtant dans la même situation, malgré leur énorme différence de taille. Toutes les deux sont à l’agonie, et toutes les deux le sont pour les mêmes raisons : le Petit Remplacement et le Grand.

Le président de la République donne aujourd’hui pour prétexte à la destruction de l’ENA que n’y sont pas assez représentées selon lui la diversité sociale et la diversité raciale (naturellement il dit “la diversité” tout court, suivant le chaste usage…). Elles y sont assez représentées pourtant pour que l’enseignement y soit impossible et pour que le diplôme n’y ait plus aucun sens. Elles sont précisément ce qui a détruit cet établissement comme elles ont détruit l’École en général. Aucune transmission sérieuse n’est envisageable si les critères de réussite ou d’admission sont l’origine et la conformité idéologique, et non pas le mérite, le talent ou le travail, qui leur sont constamment sacrifiés, comme sont sacrifiés la qualité des programmes et le sérieux des notations aux exigences de la paix sociale et de la paix raciale, c’est-à-dire à la bonne marche du génocide par substitution.

L’École Nationale d’Administration n’est nullement abolie en vue d’une diversité plus grande : c’est l’exigence d’une diversité plus grande qui a signé son arrêt de mort, comme celui de la France et de son peuple indigène colonisé.