Tous les ans à cette date, pour faire renaître l’espérance, retentit le rappel du 18 juin. Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle rappelait aux Français que la France ne pouvait pas mourir, ou en tout cas pas cette fois-là, pas si bêtement et si salement. Pourtant la défaite était consommée, l’armistice était signé, l’occupation commencée. Pour notre part, nous n’avons même pas subi de défaite, sinon une défaite de tous les jours, depuis quarante ans et plus. Elle ne prévoit pas d’armistice, mais une reddition quotidienne, avec laquelle elle se confond. Notre pays n’est pas trahi dans le désastre, il a été livré dans la prospérité. Et l’occupation que nous subissons est dix fois plus nombreuse, vingt fois plus nombreuse, que celle qui s’apprêtait alors. On dit qu’elle n’est pas militaire, et c’est en partie vrai, encore qu’elle soit de plus en plus armée, de plus en plus sûre d’elle et agressive, et qu’elle ait la nocence, la nuisance, la délinquance, le défi, la violence et bien sûr la terrorisme, à présent, comme instrument permanent ou répétitif de conquête.

Mais si la situation aujourd’hui est bien plus grave qu’elle ne l’était au temps de l’appel du général de Gaulle, et notre civilisation bien plus fondamentalement menacée, ce n’est pas seulement que l’occupant est cette fois bien plus profondément insinué dans le tissu même de la nation. C’est aussi et surtout que le manipulation et le contrôle des esprits ont fait depuis trois-quarts de siècle des progrès fulgurants, que l’École n’est plus qu’un apprentissage actif et passif au génocide par substitution, que la Presse n’a jamais si bien mérité son nom, que l’hébétude est si profonde, au sein de notre peuple livré — il a été si bien dressé à travailler incessamment contre lui-même —, qu’on pourrait croire qu’il n’existe plus, qu’il a été effacé de l’histoire et de la terre ; et que donc il n’y a plus d’espérance possible.

Or, le message du 18 juin, c’est qu’il y en a toujours. Si l’Espagne a pu renaître de ses cendres après sept siècles, la Grèce après tout autant, Israël après une vingtaine, pourquoi la France ne ferait-elle pas de même, elle qui a déjà touché une ou deux fois au tombeau ? Il faut avoir une conception lazaréenne de la patrie. Et puisque tout accélère nous dit-on, fasse que la renaissance aussi, et contribuons-y chacun comme nous le pourrons, dans les sanctuaires de résistance que nous saurons créer.


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