Le gouvernement en est à légiférer une nouvelle fois sur la question des dépenses de campagne, dont on conçoit qu’elles lui tiennent à cœur, en cette période pré-électorale. Le CNRE rappelle à cette occasion ses positions constantes à ce propos, selon lesquelles les dépenses maximales autorisées devraient être divisées à peu près par dix. C’est en effet une des tares les plus graves auxquelles est exposé le système démocratique que la désignation des gouvernants puisse dépendre étroitement des sommes qu’eux-mêmes et leurs commettants sont à même d’investir pour influencer les électeurs. Le rôle croissant de cette façon publicitaire de gérer la chose publique est au demeurant représentatif de la colonisation par les pratiques américaines, partis et candidats considérant volontiers, et non sans cynisme, aux États-Unis, que les élections sont jouées et l’affaire entendue une fois qu’ont été publiées les sommes réunies par les uns et les autres. Ni la France ni l’Europe n’ont intérêt à s’engager plus avant dans cette voie, le management des esprits par la publicité étant bien assez responsable déjà, de ce côté-ci de l’Atlantique, du changement de peuple et de civilisation.

Très sévèrement réduite et limitée, la dépense devrait être confiée aux soins qu’il faudrait impartiaux de l’État, le sérieux des échanges et l’écologie elle-même ayant tout à gagner à un régime restreint et grave des opérations de propagande. Les moyens modernes de communication, selon l’expression consacrée, rendent tout à fait périmés les consommations massives de papier, les affichages obsédants, les prétendus meetings avec “artistes” invités qui relèvent plus du show-business que de la présentation d’idées, et sont autant d’occasions de fraude pour les candidats indélicats et leurs équipes.