L’affaire Didier Lemaire, du nom de ce professeur de philosophie à Trappes qui fait enfin état de l’impossibilité où il se trouve d’enseigner, du fait de ses élèves aussi bien que des autorités de la ville, pourrait, dans un monde tenu moins serré par le négationnisme de masse, servir d’étincelle à la vérité. Ce serait particulièrement utile au moment où se discute l’absurde loi sur le “séparatisme”, comme si le séparatisme n’était pas déjà là depuis longtemps, et comme si, au point où nous en sommes, il n’était pas très souhaitable à titre de consécration de la vérité, lui aussi. Le professeur Lemaire, comme le corps enseignant dans son ensemble, n’est probablement pas sans quelque responsabilité dans l’instauration de l’état de fait qu’il a le courage de dénoncer aujourd’hui, alors que déjà il est menacé du sort d’un Samuel Paty. Il est vraisemblable qu’il s’est tu longtemps, trop longtemps, comme la majorité de ses confrères. Mais enfin il parle, saluons-le. Et espérons que de très nombreux autres vont s’engouffrer dans la brèche qu’il ouvre.