Même le premier ministre avoue que la division régionale de la France, effectuée sous François Hollande, a été totalement bâclée et n’a pour ainsi dire pas, sauf exception, de fondements historiques ou géographiques. Et certes elle a été invraisemblablement bâclée dans les faits, mais en même temps par son bâclage même elle est rigoureusement conforme à l’esprit, si l’on peut dire, du remplacisme global davocratique. Il s’agit toujours, dans la perspective de la production industrielle de la Matière Humaine Indifférenciée (MHI), de déraciner l’être autant que possible, de lui enlever tout repère, de le préparer à n’être rien en étant de nulle part.

L’Alsace vient de récupérer une existence administrative, sans doute aux dépens d’une région “Grand Est”, très représentative, elle, de ces espaces artificiels dépourvus de sens et d’épaisseur de temps. La sédimentation administrative est en France beaucoup trop compliquée et coûteuse. C’est à de véritables provinces qu’il convient de revenir, quitte à regrouper les plus petites comme l’Aunis et la Saintonge.