Le peuple de Biélorussie essaie de secouer le joug de son tyran. L’Union européenne lui est toute voisine, et plusieurs des pays qui en sont membres sont menacés par les caprices et les rodomontades du dictateur ébranlé. Lui n’a d’appui que du côté de la Russie, dont il a pu paraître le pantin.

Face à pareille situation, l’Europe ne peut pas ne pas parler. On ne lui demande pas d’être courageuse, on lui demande seulement de ne pas se déshonorer, ou ridiculiser. Elle ne peut pas ne pas soutenir, au moins en parole, un peuple européen opprimé. Et cependant elle se tait, comme d’habitude. Elle n’a plus de présence historique et géographique que dans l’absence, le silence, l’abstention, l’inexistence revendiquée. On dirait que le seul dessein qui lui importe, pour achever de sortir de l’histoire, est de mener à terme son changement de peuple, le génocide par substitution de ses populations indigènes. Les Biélorusses peuvent bien être torturés et mourir pourvu que se poursuive sans relâchement aucun, dans les ports de Méditerranée, le déversement quotidien de chair humaine de remplacement, conformément aux principes du remplacisme global et de la davocratie, pour l’instauration sur notre continent du bidonville universel.