Il y a dix ans aujourd’hui mourait le poète et homme politique antillais Aimé Césaire. Sa poésie subit à titre posthume le destin difficile, et pour cause, de toute poésie dans le monde qu’il a aidé à naître. Sa politique tend à s’estomper dans l’oubli, et ce n’est pas forcément en tout point regrettable. Ce qui, paradoxalement, reste de lui le plus vivant, ce sont ces trois mots, “génocide par substitution”, qu’il associa pour décrire tout autre chose, pourtant, que la réalité qu’ils définissent aujourd’hui si parfaitement : la nôtre.

“Génocide par substitution”, c’est ce qui est en œuvre au XXIe contre les indigènes du continent européen. C’est ce qui préside dans l’indifférence générale et le négationnisme à la Destruction des Européens d’Europe. Nous voyons jour après jour leur civilisation s’effondrer, leurs États se faire remplacer par la pure et simple gestion d’entreprise appliquée au parc humain, leur culture sombrer dans la dérision commerciale et idéologique, leurs villes et leurs campagnes se confondre en un unique bidonville haineux, eux-mêmes s’effacer progressivement de quartiers entiers, puis de villes et d’entières provinces, quand ce n’est pas de tout un pays, comme la Suède ou comme la Belgique. Les photographies de classe raconteront l’histoire de ce Grand Remplacement. Elles le racontent déjà. Mais c’est Aimé Césaire qui l’a nommé sans le savoir de la façon la plus tragique, comme il convient à un poète.


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