Le régime génocidaire-négationniste est obscurément habité par l’idée qu’il est une répétition. Les mots renvoient toujours pour lui à des significations anciennes, qui n’ont jamais pour fonction, en bonne économie négationniste, que de pointer vers un autre épisode de l’histoire et, ce faisant, de nier le présent, d’assurer qu’il ne sera pas nommé, que sa réalité ne sera pas évoquée.

Ainsi apprend-on que le président de la République se voit remettre aujourd’hui un rapport de M. Benjamin Stora à propos de la colonisation. Ah, enfin, se dit-on, il était temps ! En pleine invasion, en pleine submersion migratoire, en plein changement de peuple et de civilisation, en plein génocide par substitution, il est grand temps en effet que le mot de “colonisation” soit mis clairement sur la table. Aucun ne décrit mieux que lui ce que nous vivons, même si nulle colonisation du passé, bien sûr, ne fut jamais si ample, n’impliqua de pareilles masses humaines.

Cependant le rapport, apprend-on encore, s’inscrit dans une démarche d’amélioration des rapports entre la France et l’Algérie. C’est dommage, pense-t-on, pourquoi seulement l’Algérie ? Mais enfin il est vrai que c’est elle qui fournit les plus gros contingents de colons, d’occupants, de remplaçants pour le Grand Remplacement. Améliorons, améliorons, revoyons les relations avec la métropole — l’une au moins des métropoles, la principale.

Hélas, il faut bien se rendre à l’évidence, la colonisation dont il s’agit n’est pas du tout celle que nous vivons, la vraie, l’énorme, celle dont l’évidence emplit nos rues. Le régime n’est pas seulement génocidaire (par substitution), il est aussi et en même temps négationniste. Et s’il entend se pencher sur la colonisation, ce n’est pas du tout celle de la France et de l’Europe par l’Algérie et l’Afrique : c’est la vieille colonisation de l’Algérie par la France. Il faut en enseigner encore mieux les horreurs dans nos écoles, nous dit-on. Il y a encore de la bonne haine et de la bonne culpabilité à tirer de là. La colonisation actuelle n’est-elle pas la première, dans l’histoire du monde, à s’opérer au nom de l’anticolonialisme, de même que c’est au nom de l’antiracisme que s’accomplit la destruction des Européens d’Europe ?