#OccupantDégage

Il y a dix ans éclatait en Tunisie la suite de révoltes et de révolutions plus ou moins avortées qu’il est convenu d’appeler “Printemps arabes”. Elle bénéficia de larges soutiens, s’attira de nombreuses sympathies de la part des amis de la liberté, et n’accoucha que de bien maigres progrès. Les hommes, les femmes et les mouvements qui l’appuyèrent avec enthousiasme, comme la source possible d’avancées remarquables des droits individuels et de l’État de droit, sont obligés de déchanter, avec le recul. À l’exception éventuelle et toute relative de la Tunisie elle-même, les dictatures n’ont fait que changer de dictateurs, et quelquefois même pas, malgré des années de guerre et de ruines. Dans la plupart des pays concernés, une seule alternative semble vivace : la tyrannie ou le chaos, la guerre civile ou le despotisme tortionnaire. Un constat s’impose : ce qui fait les états politiques, les régimes et leur fonctionnement bon ou mauvais, ce sont les peuples, les cultures, les états de civilisation, les religions, les races. À cet égard, avec le changement de peuple et de civilisation en Europe, le continent peut se faire une idée, en contemplant le monde arabo-musulman et l’Afrique, de ce qui l’attend.

Il est pourtant un thème des Printemps arabes que les peuples indigènes européens feraient bien d’entendre, et cela d’autant plus que ce thème venait d’eux, que sa forme verbale était même empruntée au français. C’est celui qui se traduisait pas le fameux slogan ouvert à variations innombrables, “Ben Ali dégage !”. Le “dégagisme”, voilà bien ce que nous devons apprendre des révoltés de Sidi Bouzid, de la place Tahrir, de Tripoli, de Damas et ailleurs, en espérant que nous y réussirons mieux qu’eux, en accord avec nos propres traditions ; et qu’il mettra fin à la colonisation dont nous sommes les victimes livrées, à la Deuxième Occupation, au génocide par substitution, au Grand Remplacement, au remplacisme global, au régime macro-remplaciste, à la gestion davocratique du parc humain. #OccupantDégage