Avec l’affaire de l’arbitre roumain voué aux gémonies universelles parce qu’il a désigné un noir en l’appelant un noir, la folie furieuse collective et mimétique qu’impose désormais l’antiracisme à l’ensemble de la société occidentale apparaît dans toute son évidence. “Negru” a dit l’arbitre : c’est le mot pour “noir“ en roumain, comme ce l’est à peu près dans la plupart des langues latines, et comme ce l’était en français avant que la police des mots ne l’interdise absurdement, alors que le terme est purement descriptif, tout à fait classique et littéraire, et n’a bien sûr rien d’insultant. De toute façon l’arbitre a dit “le noir”, dans sa langue, pour désigner, en le feu de l’action d’un match, un membre d’une des équipes en compétition qui n’était pas un joueur, n’avait pas de numéro sur son maillot et se trouvait être noir, le seul noir, dans un environnement sportif où tout le monde était blanc. Il suffit d’imaginer une seconde l’inverse, qui est plutôt plus fréquent : aucun blanc désigné comme “le blanc” dans un environnement où ne se trouveraient que des noirs ne se sentirait insulté et ne songerait un seul instant à crier au racisme.

En l’occurrence le match a été interrompu, tous les joueurs indignés ou prétendument indignés ont quitté le terrain, la carrière de l’arbitre est brisée, le président turc Erdogan crie au racisme et selon son habitude menace tout le monde de représailles tandis la presse remplaciste ulcérée, fidèle à elle-même, ne tarit pas de déplorations sur le crime commis. Aucun crime n’a été commis. Si certains noirs ne veulent pas être appelés noirs c’est qu’ils sont racistes et jugent qu’il y a une infériorité quelconque à être noir : tous les mots s’useront sur eux, même les plus innocents. Si des blancs veulent bien être appelés blancs mais ne veulent pas que les noirs soient appelés noirs, ils sont dans l’illogisme parfait et dans le deux poids deux mesures si caractéristique des sociétés occidentales au temps du génocide par substitution. Les uns et les autres relèvent du négationnisme de masse. Il est l’excrétion naturelle du remplacisme global, cette fabrique permanente du faux, de l’imitation, du mimétisme, de l’hébétude et de la terreur.