Ce matin a été retirée subrepticement des abords de l’Académie française une statue de Voltaire. Qu’elle ait été très laide n’y change rien : ce n’est pas pour des raison esthétiques qu’elle a été enlevée. C’est pour complaire à l’occupant, à ses protecteurs et à ses alliés, qui la couvraient depuis des mois de graffitis haineux sanguinolents. On aurait pu la faire garder — mais la seule vraie solution c’est la fin du sinistre vivre-ensemble, le départ de l’occupant, la remigration, la décolonisation de la France.

En attendant, Mahomet a vaincu : Voltaire s’en va — cela non pas avec la complicité du pouvoir ou son lâche consentement, mais de son fait, par sa volonté, en rigoureux accord avec son dessein acharné de changement de peuple et de civilisation. Or, Voltaire chassé, c’est ou ce devrait être, symboliquement, aux yeux du monde, aussi parlant, aussi incroyable, aussi significatif de l’effondrement cette fois intellectuel, culturel, de notre pays que l’armistice de juin 1940. Un grand pays, une grande culture, une prestigieuse littérature dont Voltaire était un des phares, une liberté de penser chèrement acquise dont il était le symbole : et tout à coup plus rien, une capitulation en rase campagne, un déménagement de voleurs, le total renoncement d’une nation à soi-même.

Dans ces conditions il n’est révolte qui ne devienne légitime, puisque c’est elle ou l’effacement final, dans la honte et le déshonneur. À cette révolte les CNRE propose deux formes pacifiques qui aujourd’hui ne sont rien et qui demain peuvent être tout : les rendez-vous du dimanche matin à dix heures devant les monuments aux morts, dont il ne tient qu’aux Français qu’ils fassent boule de neige ; et l’inscription de ceux qui le veulent parmi les Partisans du CNRE. À quelques centaines, nous ne sommes qu’un geste de désespoir. À quelques milliers nous sommes une voix. À quelques centaines de milliers nous serions une force pour mettre un terme à la destruction de notre pays.