Jean Raspail est mort. Cette nouvelle nous aurait désolés à n’importe quel moment, car nous n’avions pour lui que respect, admiration et gratitude. Mais elle survient à un moment si triste pour notre patrie, si laid, si bête, si pitoyable — où tout ce que nous avons aimé avec lui et grâce à lui, grâce à ses livres, grâce à la profondeur de sa réflexion et la noblesse de son imagination, se trouve à ce point humilié, bafoué, trahi —, qu’elle est plus sinistre encore, comme si décidément la France et notre peuple étaient abandonnés du Ciel. Le Prophète se tait, et triomphe. Tout ce qu’il a annoncé est accompli. Qu’il reçoive l’hommage de notre affection et de notre chagrin. Et que d’autres se lèvent, à présent, pour que commence enfin l’œuvre de libération du territoire national, par la décolonisation et la remigration.

Justement, un geste, magnifique : Jean Raspail avait à peine rendu l’âme à son Dieu que les jeunes gens de Génération Identitaire avaient le superbe courage de déployer une banderole sur les toits, place de la République, au-dessus d’une manifestation de l’occupant et de ses complices. Il y a là un panache qui nous console un peu, et qui est digne de celui qui s’en va.