Saisie de la fureur antiraciste, c’est-à-dire désormais antiblanc qui souffle sur le monde, la firme L’Oréal décide de retirer de ses produits cosmétiques toute référence au blanchiment, au “blanc” et au “clair” comme idéaux à poursuivre. Le ridicule de cette affaire pourrait la faire paraître insignifiante. Elle est en fait magistralement significative.

L’Oréal est une multinationale richissime, composante majeure du système davocratique, c’est-à-dire de la gestion économiste du parc humain par Davos, les multinationales et les grands intérêts financiers. Il n’est pas indifférent que son domaine soit la cosmétique, la retouche, le maquillage, la dissimulation, ce qui la désigne tout naturellement pour un rôle majeur dans le négationnisme de masse, selon lequel ce qui arrive n’arrive pas, et notamment bien sûr le Grand Remplacement, ou génocide par substitution.

L’Oréal est la création d’Eugène Schueller, grande figure de la collaboration la plus extrême au temps du régime de Vichy. L’épisode actuel montre à quel point l’esprit de collaboration, qu’il s’agisse d’atavisme ou de culture d’entreprise, est constant, sous une Occupation ou sous une autre. Mais Schueller était plus qu’un collaborateur. Financeur de la Cagoule, spécialiste des questions économiques au Rassemblement National Populaire de Marcel Déat, il était un adhérent enthousiaste à la plupart des thèses du national socialisme. Ainsi ressort nettement le lien de plus en plus évident entre tous les totalitarismes fordiens ou néo-fordiens : en l’occurrence entre le nazisme et le remplacisme global, entre les conceptions économiques du Troisième Reich et des ses alliés, d’une part, et celles du management planétaire moderne d’autre part, dont un Johann Chapoutot et d’autres ont suffisamment montré qu’il n’y avait pas entre eux de solution de continuité (cf. Libres d’obéir, le management du nazisme à aujourd’hui, Gallimard essais, 2020).

Eugène Schueller grâce à ses millions a été blanchi à la Libération à force de témoignages achetés et de faveurs politiques distribuées. Il est largement à l’origine de la carrière politique d’un François Mitterrand, par exemple, qui dirigea l’un de ses journaux, Votre beauté. On conçoit dans ces conditions que parler de “blanchiment” au sein de L’Oréal soit comme parler de corde dans la maison d’un pendu.