En 1989, pour le deuxième centenaire de la Révolution française, c’est Mme Jessye Norman, grande chanteuse noire américaine, qui était chargée d’interpréter l’hymne national français, place de la Bastille, moment-clef des cérémonies. Cette année une jeune fille de couleur, française, tenait le rôle de Jeanne d’Arc aux cérémonies johanniques d’Orléans, la capitale du culte de la Pucelle. En ce 11 novembre 2018, centenaire de la Victoire, c’est une chanteuse béninoise, Mme Angélique Kidjo, qui interprète en une langue africaine, en hommage aux soldats noirs tombés pendant la Première Guerre mondiale, une chanson africaine ; et cela à deux pas du président des États-Unis d’Amérique, M. Donald Trump, dont Mme Kidjo est une opposante notoire et qui est venu à Paris pour commémorer les dizaines de milliers de soldats américains tombés eux aussi au secours de la France, et sans doute pas pour se faire insulter à cette occasion, par ce choix.

Là n’est pas l’essentiel, et ces artistes, professionnelles ou d’occasion, ne sont nullement en cause. Il est d’autre part parfaitement normal que les soldats africains, noirs, arabes ou berbères, musulmans, chrétiens ou animistes, qui ont combattu pour la France au cours de la Grande Guerre, et souvent sont morts pour elle, ne soient pas oubliés dans les célébrations de la Victoire. Il y eut d’ailleurs d’autres interventions musicales. Le problème est que, médiatiquement, et donc politiquement, symboliquement, c’est celle de Mme Kidjo qui retient toute l’attention, comme celle de Mme Norman il y a trente ans. Le moment emblématique est bien celui-là, et le message est bien clair. On a l’impression que la France n’a plus d’histoire que noire, et que tout ce qui compte aux yeux des manipulateurs de ses fastes de mémoire, comme de sa présente composition ethnique, c’est le changement de peuple, le Grand Remplacement, le génocide par substitution.

Les combattants indigènes français de la Grande Guerre, les Bretons, les Auvergnats, les Lorrains, les Languedociens et autres, qui croyaient sans doute naïvement être les protagonistes essentiels du conflit du côté de la France, et qui constituaient la colossale majorité des troupes engagées et des victimes des combats, seraient bien surpris s’ils pouvaient assister aux célébrations du centenaire, et constater que l’acmé en est un chant des profondeurs africaines, interprété par une artiste béninoise connue pour son hostilité au président des États-Unis d’Amérique. Ils se demanderaient si tous leurs sacrifices et toutes leurs souffrances méritaient bien pareil résultat, et pareil pays, pareille nation. On aurait du mal à leur faire comprendre que pas un seul instant parmi nous la propagande obsessionnelle ne se relâche et que le message indéfiniment ressassé à leur peuple qui fut aussi le nôtre c’est : « Disparaissez, oubliez-vous. Non seulement vous n’existez pas mais vous n’avez jamais existé. La seule réalité qui vaille est le mélange des races, la substitution permanente, la Matière Humaine Indifférenciée, l’homme remplaçable et remplacé, la disparition des Blancs de la carte ».


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