L’interview hier soir sur France 2 du ministre de l’Intérieur, M. Gérard Collomb, entée d’un reportage où l’on voit la police impuissante humiliée par les bandes d’occupants, qui la décrivent tranquillement comme une force symétrique à la sienne, sa rivale pour la maîtrise du territoire, est incroyablement révélatrice de la réalité de la situation, c’est-à-dire de la fausseté de sa description. C’est le comble du règne du faux, du réel inversé, du “faussel”. M. Collomb parle de tout cela comme d’un fâcheux problème d’ordre public, un ensemble de faits divers regrettables, en somme, liés à la jeunesse, à la ségrégation sociale, à des questions d’urbanisme ; et que résoudront une meilleure compréhension entre la police et les jeunes, une plus étroite interpénétration. Ce qui est nié est la conquête, la colonisation, l’islamisation, la lutte pour le territoire, le choc des civilisations : toutes choses très clairement affirmées pourtant, et sous le nez du ministre, par le conquérant.

On conçoit le désarroi de la police, confrontée à un récit totalement imaginaire, qui ne reflète en rien son expérience. Jamais les mots n’ont moins touché aux choses, sauf peut-être pendant la guerre d’Algérie, quand on parlait des “événements”. Nous sommes en pleine guerre de France, les protagonistes sont les mêmes, les enjeux seulement déplacés. Mais on ne parle même pas d’“événements”, seulement d’“incivilités, ou bien de “terrorisme” : ces leurres.


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