On apprenait presque simultanément, ces jours-ci, que M. François Baroin, président de l’Association des maires de France, n’avait pas l’intention de se porter candidat à la présidence de la République française car il songe plutôt à prendre la direction d’une très grande banque d’affaires internationale ; et que de très nombreux députés, et parmi eux surtout des femmes, insistaient pour que le droit à avorter soit prolongé jusqu’à la quatorzième semaine de grossesse, voire jusqu’au neuvième mois en cas de “malaise psychologique” de la mère.

Ces deux informations paraissent n’avoir entre elles aucune espèce de relation. Elles relèvent pourtant du même monde : celui du remplacisme global davocratique. La première montre à nu l’échelle de ses valeurs, de ses prestiges et de ses pouvoirs : diriger une grande banque d’affaires internationale est plus important, plus désirable et certainement plus rémunérateur qu’être à la tête d’un pays comme la France. La seconde expose à vif la finalité de pareil mode de gestion financière et numérique du parc humain : ce sont les industries de l’homme, la production et l’éradication à volonté de la Matière Humaine Indifférenciée (MHI), produit comme un autre soumis aux aléas de l’offre et de la demande, en fonction par exemple de la commodité des “mamans”, comme dit la langue davocratique, d’autant plus gnangnan qu’elle est plus cynique et génocidaire.

Les nations ne sont plus grand chose, parmi les formidables puissances qui gèrent la planète comme le bidonville global qu’elle devient ; et plus grand chose les individus, interchangeables à merci, qu’ils soient hommes, femmes, enfants ou fœtus.