Aux États-Unis les magasins tenus par des noirs vont être répertoriés par Google et signalés par un signe spécial. Sans doute en sera-t-il bientôt de même en France et en Europe, puisque tous les effort des gouvernants depuis cinquante ans ont tendu à reconstituer scrupuleusement sur le vieux continent la situation intenable qui sévissait outre-Atlantique…

En Grande-Bretagne, pendant ce temps, les noirs, pour faire valoir les droits à réparation qu’ils estiment avoir sur le royaume, s’organisent en milices militaires, dotées d’uniformes noirs comme celles de Sir Oswald Mosley dans les années trente, et plus encore comme celles qui perpétrèrent la Nuit de cristal, en Allemagne, après s’être attaquées régulièrement aux magasins tenus par des juifs, dûment signalés par des signes spéciaux.

Chaque jour l’actualité rappelle davantage la dernière avant-guerre, et bien sûr la guerre elle-même ; et pour la France la première Occupation, naturellement. C’est “la seconde carrière d’Adolf Hitler”. Il y a beau temps que la rituelle référence aux “heures les plus sombres“ s’est totalement renversée et que, de topos chéri et un peu gâteux de la gauche remplaciste qu’elle était, elle en est venue à désigner métaphoriquement, mais de plus en plus littéralement, aussi, les totalitarismes qui viennent, remplaciste, antiraciste, islamiste : l’esprit de capitulation devant eux, la collaboration avec leurs agents, l’indulgence envers leurs voyous, les violences de rue, le vandalisme culturel, le silence imposé aux opposants, la terreur.

Les rôles s’échangent : ce sont ceux qui jadis criaient mécaniquement au fascisme qui se font le plus menaçants et qui étalent de plus en plus expressément leurs pulsions génocidaires. Hitler revient : et certes il revient en farce, en point Goodwin, mais cette farce est tragique, et de plus en plus vraie. Jusqu’ici c’était à l’envers que s’opérait ce retour, la tête en bas, et ce l’est encore un peu quand c’est au profit des noirs eux-mêmes, victimes supposées, qu’on imagine de marquer leurs magasins, comme jadis ceux des juifs dans l’Allemagne nazie. Mais de plus en plus c’est les pieds sur terre que revient l’histoire, et les bottes cloutées pareillement, en un reflet qui n’est même plus inversé : ainsi lorsque les nouveaux maîtres étalent sans vergogne leur haine et font parade de leurs harnachements noirs. Pour les résistants à cet ordre nouveau qui s’instaure à l’ombre de la davocratie planétaire, il ne s’agit pas de prendre leurs distances avec des fantômes qu’ils n’ont jamais pratiqués et qui leur ont toujours fait horreur : il s’agit de s’aviser que ces fantômes sont de moins en moins fantomatiques, et que, contre eux, ils sont seuls.